Je raconte ma vie maternité

Une drôle de parenthèse

22 juin 2020

Et voilà, le déconfinement s’est enfin achevé aujourd’hui pour nous. Par le retour à l’école de Kate, qui signe donc un retour à la « presque normale » (je ne reprendrai pas le chemin physique du travail avant quelques temps, de mon côté).

Mais donc: 3 mois et demi à vivre ensemble H24, 3 mois de réunions interrompues par des « j’ai fait cacaaaaa » tonitruants, 3 mois à penser sans cesse au prochain repas qu’il faudra préparer, à voir le bazar se réinstaller automatiquement en temps réel, à anticiper les prochaines activités (« tu préfères la Pat Patrouille ou jouer à Sonic?« ) et à ne jamais réellement être 100% dispo, 100% présente, ni au travail, ni en famille.

Alors quand nous sommes partis déposer Kate ce matin à l’école, sur le moment, ça m’a fait tout drôle. Et je vous avoue ne pas avoir réellement cru à la reprise jusqu’au moment où j’ai vu ma toute petite fille disparaitre derrière la lourde porte grise, happée par une maitresse empressée (je mélodramatise un peu, OK, mais ça faisait 3 putains de mois et demi qu’on avait pas été séparées, alors OUI, j’avoue, ça m’a fait comme un drôle de pincement dans la poitrine) (C’EST PAS MOI QUI PLEURE C’EST TOI, OK?).

Vous m’auriez vue, errer aujourd’hui dans l’appartement avec l’impression permanente d’avoir « oublié quelque chose, mais quoi? », vous auriez ri. J’avais juste plus l’habitude.

On en a pas parlé assez je trouve, de cette mise sous pression incessante que les parents ont du vivre. Enfin oui, on a souligné parfois à quel point concilier boulot et garde d’enfant pouvait être pénible, mais cette tension permanente, cette impression de ne littéralement plus jamais s’arrêter, d’avoir le cerveau qui tourne en continu, de devoir être toujours en train de penser à faire quelque chose, ça, on en a assez peu parlé. Ces derniers temps, alors que le rythme du travail avait repris de plus belle – contrairement à l’école – et que j’enchainais les « nocturnes » (= le rattrapage de ce que je n’avais pas pu faire dans la journée), je me suis souvent retrouvée à me dire « je suis cérébralement épuisée ». Mes seuls moments offs, ils étaient au moment du coucher – parce qu’après avoir mis Kate au lit, il fallait ranger les restes du diner, préparer l’administratif de la vie de tous les jours (la meuf qui a validé sa déclaration de revenus à 22minutes de l’échéance, c’est moi) (« chéri, on aurait pas oublié quelque chose? »), il fallait finir les slides pour la réunion du lendemain matin (qui serait elle-même interrompue par une petite fille en train de sauter sur le lit (si tu n’as jamais fait de réunion sur un trampoline, tu ne peux pas comprendre). Et puis, le jour d’après, tout recommencer, en culpabilisant constamment de ne jamais en faire assez, de mettre trop devant la télé, d’avoir encore tant de choses à faire. Et cette to-do list qui ne désemplissait pas…

Alors cette première journée de reprise de l’école, elle a un gout semi amer. Le soulagement qui se mêle à la fatigue qui retombe soudainement. La crainte que tout recommence, cumulée avec (quand même) la satisfaction d’avoir passé tant de temps en famille, avec les personnes qui comptent le plus – même si ce n’était pas tout à fait parfait, tout le temps. Et même si la logistique et la poursuite du travail étaient parfois épuisantes.

Une drôle de parenthèse qui se referme donc. Sans doute serais-je nostalgique de cette période dans quelques temps, quand la fatigue se sera estompée et que nous serons tous retombés dans notre routine « non pas l’école!-métro-boulot-non pas des petits pois!– dodo ».

 

Et qu’en pense la principale intéressée?

« L’école c’est chouette, j’ai joué avec mes copains, mais je préfère les vacances tout le temps à la maison ».

Au moins, cette petite n’aura pas été traumatisée par le confinement – c’est sans doute l’essentiel.

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