maternité

Un terrible two… pas si terrible que ça?

8 mars 2018

Non, je ne viens pas fanfaronner, me pavaner, ni me vanter… mais je viens donner un message d’espoir aux  parents qui paniquent à l’idée que leur bébé tout mignon se transforme en Voldemort des landaus, à ceux qui galèrent déjà, ou qui ne savent pas trop à quoi s’attendre… parce que voilà, à force d’en entendre parler, on finit inévitablement par s’imaginer que la crise des deux ans va être un truc tellement énorme qu’on ne s’en sortira jamais (ou difficilement).

Donc si je n’ai pas la prétention de tout connaitre sur le sujet (Dieu – et le mères de famille nombreuse – savent à quel point chaque enfant est différent), voici malgré tout mes quelques pistes de réflexion, ainsi que les astuces mises en place à la maison:

-La crise des deux ans ne commence pas exactement à deux ans. En général, elle apparaît vers 18 mois, période où ton charmant bébé qui ne pipait pas vraiment mot jusque là découvre qu’il peut te dire « non ». Et crois-moi qu’il ne va pas s’en priver.

La crise des deux ans n’est pas une crise en continu… c’est à dire que tu n’en chies pas tout le temps, et ça, je pense que c’est bon de le souligner. Parce que moi, quand j’entendais parler de cette période, je m’imaginais que c’était du non-stop. Donc non, sois rassurée: il s’agit plutôt d’une alternance de périodes de crises, et de moments calmes pendant lesquels tout le monde profite de l’autre (et recharge ses batteries).

Les crises n’ont pas toujours lieu « pour une raison » précise. Parfois, ton enfant est juste claqué de sa journée et se décharge – comme quand il était bébé. Ce n’est pas forcément un caprice, ni la faute à un truc que tu as dit, ou fait… c’est comme ça, c’est tout. Par contre oui, c’est compliqué à gérer. Pas plus tard qu’hier soir, ça nous a pris 20 bonnes minutes pour réussir à atteindre le bout de la rue, Kate hurlant à plein poumons, sous le regard médusé des passants. La faute à une sombre histoire de blouson qu’elle n’arrivait pas à fermer. La crise est partie en sucette, et s’est calmée aussi vite qu’elle est venue (encore heureux, je crois que les voisins étaient à deux doigts d’appeler les services sociaux).

-Ce qui est vraiment déstabilisant (pour moi, en tous cas), c’est quand ton gamin se montre violent. Ca nous est arrivé récemment avec Kate, et ce n’est pas évident, surtout quand cela vise d’autres enfants plus petits. Surtout qu’on ne sait pas très bien d’où ça sort (le seul truc qui peut arriver d’un peu violent à la maison, c’est quand on regarde des débats politiques, et je ne pense pas que ce soit Léa Salamé qui provoque cet effet là). On a pour politique de ne pas taper en retour (histoire de montrer l’exemple) et d’expliquer, encore et encore et encore… on sent que ce n’est pas vraiment ça. On progresse, cependant, et depuis quelques semaines notre mini Godzilla commence à se calmer.

-Ce qui marche avec Kate justement, c’est de ne pas se cristalliser sur certaines choses. Parce que bizarrement (ou pas, les gamins sont quand même malins), les moments les plus compliqués à gérer chez nous sont toujours les mêmes.

Je vous donne un exemple: on a jamais aucune difficulté lors des repas, en revanche l’habillement se transforme parfois en combat de catch. Or chez nous les repas sont toujours très cools, vu que (j’avoue) je ne cuisine presque pas. Du coup, pas de prise de tête autour de la purée moulinée à la main par maman pendant des heures. Si Kate ne mange pas son petit pot, ça ne me fait ni chaud ni froid, et les repas sont hyper zens. C’est quand j’ai compris ça que j’ai arrêté de stresser pour habiller Kate.

Alors attention, je ne dis pas que je la laisse sortir en couche. Mais j’ai remarqué que, quand elle ne veut vraiment pas s’habiller, il suffit parfois que j’aille boire mon café d’un air faussement nonchalant en mode « OSEF » (appelez moi l’Actors Studio!) pour que la pression retombe et que les choses se déroulent presque sans encombres ensuite (toute la nuance est dans le « presque » 😉 ).Ca ne marche pas forcément à tous les coups, mais ça nous aide pas mal.

On reste à l’écoute de ses envies: si elle veut vraiment porter une fringue précise ou réclame un aliment particulier, OK, tant que cela s’inscrit dans une certaine logique (le pantalon « chouchou » devenu trop petit ou le 3ème gâteau de la journée sont bien évidemment refusés). Mais grosso modo, on a réussi à établir un système avec Kate qui fait qu’elle sait qu’elle peut nous demander des trucs, et où on arrive à faire respecter nos décisions. Equilibre parfois précaire mais qui semble fonctionner.

On essaie de comprendre: on a mis un peu de temps, mais maintenant on sait que si elle joue au mini-Kraken pendant le bain, c’est parce qu’en fait elle a la dalle et préfère manger avant d’aller se laver (elle tient de sa mère sur ce coup la, je plaide coupable). Les crises tiennent parfois à peu de choses…

La diversion marche pas mal aussi chez nous: on lui montre quelque chose qui peut l’intéresser, ou alors je chante une chanson (très efficace pour l’apaiser pendant les grosses crises), on propose une autre activité, bref: on essaie de la distraire de la crise à venir.

On cadre beaucoup: il y’a des horaires à respecter, des rituels bien précis (pour le coucher notamment), des choses qui se font (dire bonjour, merci et au revoir) et d’autres qui ne se font pas (pousser son copain de garde, taper papa ou maman, jouer au playmobil sur l’écran de la télé…). Et on ne déroge pas à ces règles. Jamais.

-Et surtout, SURTOUT, on fait toujours hyper attention à accorder du temps à Kate. Même si je suis claquée, et j’avoue que parfois je me fais violence, je pose mon téléphone (je ne sais pas pour vous, mais j’ai beaucoup de mal à m’en détacher, donc c’est presque un effort pour moi!). Et je fais une activité avec elle, et rien qu’avec elle, en étant réellement présente. Mine de rien, ça nous aide aussi pas mal, vu qu’elle n’a pas besoin de faire des bêtises pour attirer notre attention.

Bien entendu, rien de tout cela n’est magique, mais mis bout-à-bout tout ceci nous aide à soulager les crises et à gérer le quotidien sans devenir tarés.

Et vous, des astuces ou des conseils à partager?

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10 Comments

  • Reply Gwen 8 mars 2018 at 12 h 26 min

    Très sincèrement, le terrible two n’est rien à coté du terrible twelve !
    Je suis en plein dedans avec ma fille et j’aimerais parfois revenir en arrière.
    Il faut profiter de chaque moment avec ses enfants car ça passe très vite !

    • Reply Urbanie 8 mars 2018 at 13 h 37 min

      Alors celui-là, je n’en avais pas entendu parler (la pré-adolescence?)… il parait qu’il y’a une sorte de terrible 6 aussi… oui, j’avoue que je profite de chaque instant, j’essaie d’imaginer comment ce sera quand ma fille ne voudra plus faire de câlins avec moi et ça me brise déjà le coeur!

  • Reply Lunaly 8 mars 2018 at 15 h 14 min

    Merci pour cet article. On est en plein dedans en ce moment avec mon fils et il y a des moments vraiment pas tip top mais c’est un peu comme pour vous avec Kate, c’est par période. J’ai hâte que ça se calme une bonne fois pour toute.

  • Reply picou 8 mars 2018 at 15 h 44 min

    Tes astuces sont de très bon sens, j’ai eu la chance que les crises soient très légères chez ma 2ème, mais j’avais appliqué les mêmes conseils que les tiens pour ma grande et ça avait globalement bien aidé à dépasser les crises. Reste que quand on est soi même à bout, il est difficile de garder son propre contrôle…alors mon dernier conseil serait aussi de ne pas trop se culpabiliser quand on crie nous-mêmes. Il faut aussi dire les choses comme elles sont : nos enfants sont parfois chiants, dépassent les limites, et nous sommes humains – pas étonnant que l’on s’emporte, ça semble finalement assez sain, tant qu’on arrive à reâcher la pression et à en discuter ensuite « à froid » avec son enfant.

  • Reply Cricri2j 8 mars 2018 at 22 h 55 min

    Alors nous les 2 ans se sont bien passés. Par contre on morfle avec les 3 ans comme quoi…

  • Reply Lud 8 mars 2018 at 22 h 55 min

    Je faisais semblant de leur laisser le choix. Par exemple, vers 2 ans (tiens c’est bizarre !), ils ne voulaient pas aller se laver et préféraient toujours faire autre chose à la place.
    Si je disais « tu viens c’est l’heure du bain ? » –> crise
    Par contre, si je disais « tu veux faire une douche ou un bain » –> ils choisissaient et ils se lavaient sans problème ! Ouf !
    Et ça marchait pour plein de trucs : on s’habille ou on se lave les dents en premier, tu préfère manger une pomme ou une poire… ? Et bim !

  • Reply Swiixou 8 mars 2018 at 22 h 57 min

    Bon. Je me répète que jusque là tout va bien. Je respire un grand coup. J’enregistre le lien de cet article. Et je souris. Elle a DIX mois. Bon.
    Merci <3

  • Reply Enna 9 mars 2018 at 0 h 14 min

    Moi je ne peux pas dire que je me souvienne des 2 ans mais les 5 ans ont été durs, vraiment, je l’ai mal vécu… Mais ça passe!

  • Reply Ninon 9 mars 2018 at 10 h 10 min

    Je trouve cet article très bien écrit et hyper dé-dramatisant : il est bon de se souvenir que l’on n’a pas un petit diable 24h/24 à la maison ! J’ai tendance à dire « pour chaque instant difficile, il y a aussi un instant de grâce (ex : un gros câlin sorti de nulle part, une franche partie de rigolade, une promenade au soleil qui se déroule à merveille) ». Je préfère me concentrer sur tout ce qui va bien dans une journée, plutôt que sur tout ce qui s’est mal passé 😉

    Tout comme toi, j’essaie d’écouter et de comprendre mon enfant. Personne n’est parfait : aussi bien moi que le papa, nous avons déjà craqué, nous avons déjà crié pour demander à notre fils de se calmer… La seule chose que j’en retire, c’est que plus on crie, plus il s’enfonce. Son cerveau « gèle », il n’est plus capable de comprendre ce qu’on lui demande, ni ce qu’on attend de lui. Alors maintenant je me répète cette phrase : « Soit le point fixe et le calme durant la tempête, celui sur lequel on peut s’appuyer, apporte de la sérénité au milieu de la tornade… » Ça m’aide à rester zen 😉

    Ici aussi le coup de la chanson fonctionne pas mal : mon fils part en déroute, et moi, tout ce que j’y oppose, c’est 1) de la fermeté, 2) de la sérénité, avec une chanson chantée d’une voix douce. Moi, ça me calme, lui, ça l’interpelle. Peut-être même qu’il se dit « ça y est, maman débloque..! », mais peu importe, ça nous aide tous les deux à passer à autre chose !

  • Reply Madame Bobette 15 mars 2018 at 18 h 38 min

    Tu as plutôt bien résumé ce qu’il se passe chez nous également. En espérant que ça ne s’intensifie pas par la suite 😉
    A très vite

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