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The haunting of Hill House, mon énorme coup de coeur sur Netflix

26 octobre 2018

A quelques jours d’Halloween, alors que les températures baissent enfin, j’ai eu l’envie de vous parler d’un coup de coeur pour une série d’un genre dont je ne raffole pourtant pas vraiment: The haunting of Hill House. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une série horrifique, et avant de fuir en courant, prenez quand même le temps de lire mes 4 raisons de regarder ce petit bijou incroyable de justesse (je n’exagère pas).

 

Parce que le pitch est simple, mais efficace

THOHH (tiens, on dirait une interjection d’Homer Simpson) (pardon, je m’égare) commence comme une histoire flippante tout ce qu’il y’a de plus classique dans le genre série d’horreur.

Une famille de 7 personnes (le papa, la maman, leurs 5 enfants) emménagent à Hill House, une vaste demeure perdue dans la pampa. Ils sont beaux, ils sont propres, ils sont heureux, le père et la mère s’entendent comme dans une pub Ricorée. Et ils ont donc décidé de retaper la vieille maison « avec du potentiel » (c’est ce qui devait être écrit dans l’annonce, je ne vois que ça) pour la revendre plus cher. Passons sur le fait que la maison a quand même l’air passablement louche, et que les parents avaient du fumer la moquette le jour où ils ont contacté l’agence immobilière. Parce que, soyons bien d’accord: un être humain normalement constitué cérébralement n’achèterait jamais une baraque pareille. Le machin est gigantesque, perdu dans les bois, et possède même son propre mini cimetière. Ca pue la murder house à plein nez, mais il faut croire que dans les films d’horreur, tout le monde se cogne de ce léger détail.

Assez rapidement les emmerdes commencent: le parquet grince, les portes  s’ouvrent toutes seules, et il y’a de drôles de personnages tout blancs et méchamment cernés qui se promènent la nuit tombée. Un parent au bout du rouleau en train de faire son 3ème biberon nocturne? Raté,  un bon vieux fantôme assez flippant comme il se doit.

Une nuit, la famille est forcée de quitter les lieux précipitamment, en laissant leur mère derrière eux. Ca valait le coup d’accoucher sans péridurale, tiens.

26 ans plus tard, les enfants ont tous bien grandi, et personne n’a vraiment digéré cette nuit tragique. La série suit leurs parcours respectifs, en opérant une série de flash-backs sur l’avant, quand ils habitaient encore Hill House.

 

A vendre: superbe maison, avec du potentiel.

Parce que c’est une (superbe) série sur le deuil

Loin d’être une série horrifique toute simplette (contrairement à ce que le pitch que je viens de vous faire pourrait laisser croire) The Haunting of Hill House est en réalité une série sur le deuil: sur le deuil d’un être cher, sur le deuil de notre enfance, sur le deuil d’une certaine forme de bonheur.

Chose intéressante, le côté hanté/ pas hanté est éludé dés les premières minutes. Oui, il se passe des choses dans cette baraque, pas besoin d’épiloguer dessus. Sans rien vous spoiler, les scénaristes ont pris le parti de ne pas faire tourner l’intrigue de la série autour de la maison (qui reste cependant un personnage à part entière), mais autour de la famille. Pourquoi la maison est elle aussi méchante? On ne sait pas, et j’ai presque envie de dire qu’on s’en fout.

Rassurez-vous, le réalisateur a bien révisé son petit manuel de la maison hantée sur le bout des doigts: la maison est imposante, impressionnante, superbe, et, chose assez cocasse, parfaitement impeccable. Une famille de 5 enfants, et pas un grain de poussière. Niveau surnaturel, ça se pose la.

L’intérêt, en fait, c’est de suivre le parcours des 5 enfants de la famille 25 ans plus tard: chacun trimballe les stigmates de cette nuit tragique à sa façon. Chacun tente de faire le deuil impossible: celui de leur mère, qu’ils ont laissée derrière eux.  Comment vit-on, après ça? Pas très bien, vous vous en doutez, et c’est cette recherche du bonheur que les scénaristes ont pris le parti d’explorer, en creusant la multitude des mensonges, petits ou grands, que chacun tente de se raconter à soi-même ou à ses proches. Les vrais fantômes sont parfois moins terrifiants qu’une certaine forme de lucidité sur soi-même, le plus souvent cruelle et insoutenable.

 

Parce que le scénario est hyper bien ficelé

Ne vous arrêtez pas, dans les premiers épisodes, à certaine scènes qui vous semblent un peu confuses, lentes, ou inutiles: tout sera expliqué à la fin, puisque THOHH est une série à tiroirs. Les 5 premiers épisodes sont chacun tournés autour d’un des enfants Crain devenu adulte, avec son point de vue et son interprétation de la fameuse nuit.  Chose intéressante,  c’est cette subjectivité croisée entre 5 personnages différents qui reconstitue le fil des événements. J’ai aimé le soin que les créateurs de la série ont pris à tout connecter, tout relier, leur envie de donner du sens. La façon dont certaines remarques anodines ne sont, in fine, pas si anodines que ça.

 

Parce que la réalisation est impeccable

La réalisation est très classique, mais redoutablement efficace, les codes classiques du film d’horreur sont respectés à la lettre avec, parfois, une certaine forme d’humour: il y’a ces scènes qui te font penser qu’un truc un peu méchant va apparaitre dans un coin de l’écran, la; alors tu te prépares psychologiquement, tu scrutes le coin de l’écran, tu retiens ton souffle, tu agrippes la main de ton mari ou la tablette de chocolat et puis… et puis… et puis rien. Séquence suivante. FRUSTRATION.

A l’inverse, les fantômes s’invitent parfois dans des scènes où l’on attendait rien, dans une discussion, dans un plan à priori anodin. « Coucou qui c’est? ». Ah ben c’est moi qui vient de faire une attaque. Merci.

Je suis d’ailleurs tombée sur cet article: en fait, le réal s’est amusé à planquer des fantômes dans le décor de chaque épisode.  Niveau souci du détail, on est bien.

L’épisode 6 de la série est un sommet tourné en plusieurs plans séquences (= quand la caméra ne s’arrête pas de tourner, et que les scènes s’enchainent sans plan de coupe). Alors oui, on sait que les plans séquences sont à la mode depuis quelques années dans les séries tv, mais j’avoue que je n’en avais encore jamais vu dans un film d’horreur, et que cela produit son petit effet. Notez aussi que le plan séquence de cet épisode n’est pas gratuit: il s’agit de la toute première fois, depuis le début de la série, que les enfants Crain et leur père sont réunis dans une même pièce, la caméra permettant ainsi, en virevoltant d’un personnage à l’autre, de recréer un lien qui était jusqu’alors brisé, le tout lors d’une tempête mémorable qui sert de fil conducteur entre les deux époques.

 

Parce que ce n’est pas une série manichéenne

C’est le truc qui m’agace pas mal dans les films d’horreur: il y’a la gentille famille un peu concon qui est venue s’installer dans la murder house du coin. Les anciens proprios sont tous morts les uns après les autres, mais OSEF, hein. Et il y’a les méchants fantômes qu’il va falloir dégommer à coup d’incantations magique. Et… et voila. Clap de fin. Ca a vomi, saigné, crié de tous les côtés, les gentils ont gagné (ou pas, d’ailleurs), et le film peut se terminer.

Rien de tout cela ici, puisqu’après le fameux épisode numéro 6, la série prend de l’épaisseur, et sans rien vous dévoiler je me suis personnellement attachée à certains personnages, mettons, surnaturels. Pire, passé le cap de ce fameux épisode, les apparitions ne font plus aussi peur: on sait à peu près à qui on a affaire, on veut juste passer le cap et comprendre ce qui s’est joué lors de la fameuse nuit. Les fantômes viennent servir une histoire et accompagner les vivants dans leur résolution d’un deuil impossible, mais (je l’ai dit plus haut) ils ne sont pas le sujet central de l’histoire.  D’où ils viennent, ce qui les a amenés la, ce qui a construit cette maison… tout ceci sera à peine expliqué lors du dernier épisode (et encore, tendez l’oreille et prêtez attention à certains dialogues, sinon vous allez passer à côté).

Voilà, il y’a eu de superbes articles dans Télérama si vous souhaitez en savoir plus; quant à moi, je harcèle désormais Jean-Mi pour qu’il regarde la série à son tour (histoire d’avoir une excuse pour la binge watcher de nouveau).

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9 Comments

  • Reply AuroreInparis 26 octobre 2018 at 12 h 07 min

    Ça fait déjà plusieurs article très enthousiaste que le tiens que je lis. Il est d’ailleurs très bien écrit et me donne envie de la commencer.
    Pour le moment je suis sur la saison 2 d’American horror story, je vais éviter d’enchaîner mais j’ai hâte 🙂

    • Reply Urbanie 27 octobre 2018 at 15 h 18 min

      Alors je n’ai jamais accroché à AHS, que je trouve trop « malsain » et effrayant. Mais si tu arrives à regarder cette série, pas de raisons que tu ne supportes pas THOHH!

  • Reply Cricri2j 26 octobre 2018 at 21 h 52 min

    Oh la là ton article me donne envie! Allez on la démarre dès demain!

    • Reply Urbanie 27 octobre 2018 at 15 h 18 min

      Tu me diras ce que tu en penses! 🙂

  • Reply Sarah 27 octobre 2018 at 13 h 52 min

    Mes heures de sommeil perdues ne te remercie pas 🙂 Surtout quand j’ai capté au 5ème épisode à 1h du matin que je devrais attendre pour voir la suite !!!
    Sérieusement, merci pour cette découverte!

    • Reply Urbanie 27 octobre 2018 at 15 h 17 min

      hahahaha, désolée alors! 😀

  • Reply Charivari 29 octobre 2018 at 16 h 07 min

    Écoutant tes bons conseils j’ai regardé la bande annonce. Mais ça a l’air de faire VACHEMENT peur. Je suis une telle froussarde, je ne sais pas si j’arriverais à regarder un jour…

    • Reply Urbanie 30 octobre 2018 at 8 h 38 min

      Alors oui, ça fait très peur (les 6 premiers épisodes surtout, après je trouve que cela se calme quand même pas mal)… moi je passais certains scènes en accéléré hahahaha. #teamflipette

  • Reply Nathalie 3 novembre 2018 at 9 h 15 min

    Je ne pourrais pas regarder ça même si la gestion des thèmes dont tu parles a l’air intéressante.

    J’ai tellement d’images flippantes dans mon propre imaginaire (cf. mes cauchemars) que ce n’est pas une bonne idée de m’en rajouter !

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