Deuil périnatal Je râle

Ne me parlez plus d’hypermédicalisation de la grossesse, pitié!

23 juin 2020

Cela fait maintenant des années que je tourne autour du sujet sans oser franchement l’aborder. Que je crains de me prendre les pieds dans le tapis, ou de les mettre dans le plat. De soulever une tempête de commentaires désobligeants ou de me faire mal comprendre. Et pourtant, à la faveur d’un énième post sur instagram -d’une doula, le comble! – critiquant la « médicalisation de la grossesse », je crois que quelque chose a rompu. Je me suis désabonnée du compte en question. Et depuis, je mouline.

Voilà: je m’appelle Julie et je ne supporte plus d’entendre parler d’hypermédicalisation de la grossesse. (« Bonjour Juliiiie »).

Alors avant toute chose, oui: je comprends. Je comprends celles qui ne veulent pas de péridurale (enfin, non, je ne comprends pas complètement l’envie de se passer d’anesthésie quand il s’agit de faire passer un machin de la taille d’un pastèque dans un trou grand comme un citron, mais mettons que je comprends tout à fait qu’on ait envie d’autre chose) (je ne sais pas si je suis claire) (ps: c’est de l’humour).

Je comprends qu’on ne se sente pas forcément à l’aise/ à son avantage/ en sécurité avec les pieds dans des étriers, devant une horde d’inconnus, sans trop savoir ce qui va nous arriver (il vaut mieux avoir une solide confiance en son équipe soignante, je vous rejoins à 100% sur ce point).

Je comprends la lassitude de devoir, enceinte, aller se faire piquer le bras tous les mois.

Je comprends qu’on se sente humiliée de devoir pisser dans un pot en plastique trop petit dans des toilettes qui donnent directement sur la salle d’attente du laboratoire.

Je comprends qu’on ne comprenne pas le pourquoi de ces visites mensuelles, du RDV chez l’anesthésiste, des recommandations parfois pressantes des médecins pour réaliser certains examens.

Je comprends qu’on ait parfois envie d’autre chose, de se reconnecter différemment à ce bébé à naitre. Qu’on se questionne, qu’on se renseigne sur d’autres méthodes, d’autres façons d’accoucher.

Ça vraiment, tout ça, je comprends.

 

Par contre, le discours à base de « la médicalisation de la grossesse, ça ne sert à rien ». « L’accouchement à l’hôpital, sur le dos et à la merci des médecins, ne sert qu’à asservir les femmes ». « Accoucher chez soi sans soignants, c’est quand même mieux ». « Les médecins veulent juste te surfacturer pour se payer leur résidence secondaire »: ça non, je ne comprends pas. Je ne comprendrai jamais, pour être tout à fait honnête.

Je veux dire, je vois le schéma qui se dessine. On va prendre un exemple: beaucoup critiquent le fait qu’accoucher les pieds dans les étriers et sur le dos, ce n’est pas physiologique, que cette position ne sert surtout qu’à avantager les médecins. Et si cela ne m’a jamais à titre personnel dérangée de m’imaginer accoucher ainsi, là encore: je comprends qu’on n’en ait pas vraiment super envie.

Mais comment diantre (vous me pardonnerez mon langage) sommes-nous passés de « ce n’est pas physiologique » à « l’accouchement sur le dos est un instrument du patriarcat qui ne sert à rien d’autre qu’à asservir les femmes »?

Grand mystère.

 

Vous savez ce que je pense? Que derrière certains discours qui se voudraient libérateurs et féministes se cache en réalité une idéologie tout aussi dangereuse que les travers qu’ils prétendent combattre. Qu’on essaie un peu trop, depuis un peu trop longtemps,  de nous faire croire à tout prix que la grossesse, c’est easy, fingers in the nose, après tout, c’est tellement naturel, après tout, les femmes ont bien accouché pendant des siècles sans tout ce barnum, qu’est-ce qu’on vient nous emmerder aujourd’hui dans notre liberté de donner la vie?

Et j’aimerais y croire tout autant que vous, vraiment. J’aimerais penser que la grossesse n’est qu’un merveilleux moment à passer. Que le pire que je puisse connaitre, ce sont les nausées du premier trimestre,  un peu de rétention d’eau et, allez, quelques hémorroïdes histoire de faire bonne figure pour dire que j’en ai chié (haha) (pardon) quand je raconterai ces 9 mois gentiment pénibles, mais au final pas si pires que ça quand on voit le résultat.

 

Sauf que: devinez chez qui ce type de discours accroche plutôt moyennement?

Bingo: chez les parents endeuillés.

Parce que nous: on sait.

 

Que si l’échographiste appuie comme un malade sur ton ventre, c’est pas pour le plaisir de te voir souffrir, non, c’est parce qu’il a réellement besoin de voir les organes de ton bébé et que pour ça, on a pas le choix, faut y aller franco avec la sonde dans le gras du bide.

Que ta prise de sang mensuelle, elle est pas juste là pour te remuer les hémorroïdes (comprendre: te faire chier) (j’ai fait bac L, tu comprends), mais pour détecter un virus ou un taux de sucre dans le sang pas tout à fait normal qui pourraient, au choix, rendre ton bébé lourdement handicapé ou provoquer sa mort.

Que le test du glucose, c’est pas juste pour faire ricaner les laborantins devant ton visage qui vire de toutes les couleurs (ce machin est dégueulasse, nous sommes d’accord), mais parce que le diabète gestationnel ça peut non seulement te rendre sérieusement malade, mais aussi tuer ton bébé (on dirait que je me répète, mais vous savez quoi? j’ai l’impression qu’il n’y a qu’à force de répéter que parfois, les bébés ça meurt, que le message pourra passer).

Que ton pipi dans ce pot en plastique trop petit, il peut te sauver la vie si on y détecte un peu trop de protéines (vous ai-je déjà dit que cela pouvait aussi sauver la vie de ton bébé? J’ai oublié, vraiment, désolée si je me répète).

Que les médecins qui s’affairent autour de toi pendant ton accouchement, eh bien ils sont aussi là pour vous éviter de mourir, toi et ton bébé, en cas de complications. Et que sans eux, j’aurais un bon paquet de copines en moins à qui parler sur messenger quand j’en ai marre de lire des pseudo articles sur l’hypermédicalisation de la grossesse, justement.

 

Je sais: c’est pas drôle. Parler de bébés qui meurent pendant la grossesse, ou pendant l’accouchement, je ne connais personne qui serait à l’aise avec ça. Les soignants n’ont aucune envie de faire peur à leurs patientes. Alors c’est pas qu’ils mentent, non. mais disons qu’ils oublient aussi parfois d’expliquer pourquoi tous ces examens sont nécessaires. Et à force d’oublier, on en arrive la. « La grossesse, c’est trop médicalisé, ça ne sert à rien, on nous ment, on nous spolie nos accouchements ».

 

Alors oui: certains médecins ne sont pas délicats. Certains médecins sont même carrément des connards qui ne méritent pas d’exercer. Vous ne me ferez jamais dire le contraire. Jamais.

Mais de là à penser également qu’après tout, ces conneries, ça n’arrive qu’aux autres, non?  A celles et ceux qui savent qu’ils sont porteurs d’une maladie génétique? A celles qui font n’importe quoi pendant leur grossesse? Moi je veux dire, je fais tout bien comme il faut, je suis à l’abri, c’est bon, ça va, foutez-moi la paix avec prises de sang et vos pipis humiliants.

Vous comprenez bien là où je veux en venir: il n’ya qu’un pas qui se franchit beaucoup trop vite à mon gout.

 

Une femme m’écrivait un jour, avec une honnêteté qui m’avait vraiment émue et totalement désarmée, juste après avoir perdu son bébé: « avant, je pensais que ça n’arrivait qu’aux cassos ». Aux cas sociaux, aux gens un peu chelous, aux gens qui font exprès. Aux autres quoi. Et vous savez quoi? Moi aussi, je l’ai pensé un jour. Avant que tout cela ne me tombe dessus.

Avant qu’un médecin ne m’explique un jour que « 70% des patients ne se savaient pas porteurs d’une quelconque maladie génétique avant de perdre un bébé ». Avant que mon obstétricien de l’époque ne m’ouvre en urgence son cabinet médical à 21h un soir après une échographie en tous points catastrophiques, alors qu’il n’y était pas obligé, qu’il aurait pu me faire revenir le lendemain, ou dans deux jours – après tout, ma vie n’était pas en danger, alors à quoi bon se presser?

Avant que je ne voie le personnel médical, sage-femmes comme échographiste comme gynécologues comme anesthésistes comme infirmiers, réellement émus de ma situation au point de ne plus savoir quoi me dire, au point de me poser une main sur l’épaule, de me caresser la joue, de me dire « moi aussi » juste avant une IMG ou de faire des blagues pour me dérider un peu avant un curetage en urgence.

Avant que je ne lise tous ces témoignages, si nombreux et si poignants, de parents dont le bébé est décédé, non sans un ultime combat, non sans une ultime mobilisation pleine et entière de l’équipe médicale pour tenter de lui sauver la vie.

 

Vous allez sans doute me trouver mélodramatique, vous allez sans doute vous dire que j’en fais trop, que je passe à côté du débat. La vérité, c’est que ces discours « anti » me débectent, tout simplement parce qu’en plus de nier le combat et l’investissement entier et total des équipes médicales, ils mettent des vies en danger. Celles de femmes, et celles de leurs bébés.

 

Oui, laissons les femmes choisir: l’accouchement qui leur convient le mieux. Le suivi qui leur sera le plus adapté. Mais arrêtons de mystifier la grossesse au point de raconter aux femmes que ces 9 mois constituent forcément un moment magique. Que tout ne sera que pétales de roses et épanouissement.

Arrêtons aussi, au passage, d’opposer sage-femmes soi disant « bienveillantes » face aux vilains médecins qui n’obéissent qu’à leur bon vouloir face à des femmes totalement démunies. Allez lire les témoignages d’A nos étoiles: vous y trouverez à peu près autant de témoignages de gynécologues maltraitants que de sage-femmes odieuses. Vraiment.

Elle est pas là, la vérité: elle n’est pas dans l’opposition des vilains obstétriciens versus les gentilles sage-femmes. Elles est pas dans l’opposition de la grossesse médicalisée versus la grossesse toute naturelle.

Vous savez ce qu’elles méritent, les femmes? Elles méritent qu’on leur explique. Qu’on leur dise pourquoi on leur fait subir tous ces examens. Sans pour autant rendre la grossesse hyper anxiogène au point de les effrayer avec des histoires de bébés mort-nés, non. Mais je constate que, le plus souvent, celles qui ont mal vécu leur parcours ne comprenaient pas, en réalité, la raison des prises de sang, des RDV mensuels, des « je te tâte le col et je te fais une écho par voie endovaginale (je vous rassure: j’ai blêmis comme vous toutes en voyant l’engin, la première fois) (« Mais enfin docteur, qu’est-ce que vous comptez faire avec ce truc au juste? »). La vérité, elle est dans la pédagogie, parce qu’il ne peut y avoir justement de consentement éclairé sans comprendre ce qui nous attend. Il ne peut y avoir de juste ni de libre choix sans connaitre les risques encourus.

J’ai fait du chemin moi aussi, moi qui, après ma première IMG, ne comprenait pas pourquoi certaines de mes copines rêvaient littéralement d’accoucher à la maison (« mais tu veux mourir ou quoi? »). Je me suis renseigné, j’ai compris. Alors quoi, qu’est-ce qui nous empêche de faire le chemin inverse, en arrêtant de diaboliser ce qui contribue bien au contraire à sauver la vie de tant de bébés, et de tant de femmes, chaque année en France? Ce n’est pas un gros mot que de dire que la médicalisation sauve des vies. Qu’il ne s’agit pas tant d’hypermédicalisation que d’accepter tout bêtement qu’il y’a des choses qu’on ne sait pas contrôler – et non, jamais aucun médecin ne saura vous promettre dés le début de votre grossesse en toute sincérité que votre bébé naitra vivant et en bonne santé- sinon, il ne vous prescrirait justement pas tous ces examens que vous trouvez si inutiles.

J’ai l’air en colère? Je le suis sans doute, pour avoir déjà perdu 3 bébés. Mais aussi pour avoir vu de mes propres yeux à quel point les médecins, les sage-femmes, les infirmiers ne sont PAS nos ennemis. A quel point tous ces examens ont leur utilité – au point où ils m’ont permis, au choix 1) de décider de la fin de ma grossesse et de la façon dont mes bébés allaient décéder et 2) de ne pas risquer une infection suite à la mort in utero d’un bébé encore trop petit pour que je ne le sente bouger.

Je crois aussi que je n’en peux plus d’entendre tant de femmes venir me voir sur instagram pour me dire « je ne savais pas. Pourquoi les prises de sang étaient si importantes. Pourquoi il me fallait prendre de l’acide folique. Que les échographies, c’est pas juste pour faire « coucou au bébé » .

 

Vous savez ce que je pense? Que sous couvert de « protéger » les femmes enceintes d’histoires qui font peur, on les infantilise au point de ne pas leur expliquer les risques encourus si elles refusent de pratiquer certains tests – et sur ce point, médecins bien installés comme influenceuses du dimanche sont à tenir pour responsables.

Faut-il obliger toutes les femmes enceintes à suivre le même parcours médical? Non, clairement non. Mais cela ne signifie pas que nous avons le droit de mentir, ne serait-ce que par omission , ni d’enjoliver certaines réalités.

Alors prenons les femmes enceintes pour ce qu’elles sont: des êtres humains capables de discernement, capables de faire des choix, pourvu que les informations à leur disposition soient suffisamment complètes pour leur permettre justement de le faire. Arrêtons de raconter des âneries sur les réseaux sociaux – et là, je vise particulièrement les professionnels de santé, qui pour le coup n’ont strictement aucune excuse. Il n’y qu’ainsi, et non en opposant des ennemis imaginaires à d’innocentes victimes, que nous parviendrons à tenir enfin un discours sensé et éclairé sur la médicalisation de la grossesse.

 

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10 Comments

  • Reply Leonore 23 juin 2020 at 23 h 39 min

    Merci Julie pour cet article! Je m’appelle Leonore et moi aussi je n’en peux plus de ces discours sur la « surmédicalisation » de la grossesse! (Bonsoiiir)

    J’en deviens agressive par moments. La semaine passée j’entendais deux femmes discuter dans le train: péridurale et accouchement en hôpital c’est « contre-nature » et bla-bla-bla. J’avais envie de le dire, mais les nenettes, vous avez une idée de combien de femmes et d’enfants mourraient en couches il n’y a pas si longtemps, quand justement la péridurale et l’accouchement a l’hôpital n’étaient pas encore « la norme »? Vous savez combien de femmes continuent de mourir en couches dans les pays en voie de développement, faute de médicalisation suffisante?
    C’est vraiment de courant que je trouve detestable qui veut que tout ce qui est « nature » est mieux. Mais non, je regrette, c’est tout simplement FAUX. Idem je m’agace des mamans qui se trouvent mieux que toutes car elles utilisent des couches réutilisables: faites vos recherches! In fine, ces couches réutilisables entraînent d’énormes pertes d’énergie (notamment une consommation d’eau absolument indécente quand on sait que certains etres humains n’ont pas accès à l’eau potable et meurent de soif chaque jour!) alors achetez des couches « écologiques » mais des couches jetables!
    Bon je m’écarte je m’écarte mais à mes yeux toutes ces tendances vont dans la même direction – un retour a « l’essentiel ». Alors oui certes, la mort fait partie de la vie (on est malheureusement bien placés pour le savoir quand on a perdu un bébé) mais je ne vois pas quel « retour à l’essentiel » justifie qu’une femme ou son bébé meurt durant l’accouchement, alors qu’il existe aujourd’hui des moyens pour les sauver.
    Idem les équipes que j’ai eu à mes côtés lors de mes deux accouchements m’ont conforté dans l’idée que les équipes médicales sont avant tout des personnes, dotées d’un grand sens de la compassion (on est d’accord il y a toujours un horrible, mais je dis dans l’ensemble!) j’ai bénéficié d’un accompagnement extraordinaire et je ne me suis pas sentie « envahie » – c’est un accouchement bon dieu.
    Enfin voilà merci pour cet article, car c’est vrai que c’est un sujet délicat à aborder car on paraît tout de suite « réactionnaires » 🙂
    Bonne nuit!

  • Reply Weena 24 juin 2020 at 7 h 30 min

    Enfant du corps médical (comprendre mes parents sont dans le médical, mes beaux parents sont dans le médical, mon mari est dans le médical, …), j’ai toujours eu la chance d’être bien informé et accompagnée dans la grossesse. J’avoue, l’accouchement easy à la maison, ça fait rêver, mais c’est un pas que je ne franchirais pas, parce que je SAIS depuis toute petite, que ma mère aurait pu mourir en couche, qu’une de ses amie est morte comme ça, que ma marraine est ma marraine parce qu’elle a perdu un fils à la naissance (tu la sens, l’ironie de la vie ), etc.
    Et je suis dubitative sur les « pas physio » du sur le dos, trois accouchements, un péri, un péri trop tard et un sans péri, on a essayé plein de truc sur la poussée pour le troisième, ben, il est né avec sa mère sur le dos, comme les autres, parce que MOI c’est comme ça que j’ai le plus de souffle pour sortir mon bébé
    Je ne sais pas encore comment sera la prochaine grossesse, angoissée ou pas tant que ça, mais je suis contente de savoir que j’aurais un bon accompagnement médical et psychologique

  • Reply Virg 24 juin 2020 at 7 h 39 min

    +1 je n’ai pas perdu mon bébé mais j’ai constaté et vécu dans mes tripes ce que les équipes médicales sont capables de faire. Et j’ai eu peur pour mon bébé. (Tout est bien qui a bien fini hein ? 😉 ). Sur le coup, on ne discute pas, ça ne nous vient pas à l’esprit, on se laisse porter par leur professionnalisme. Et je peux dire que c’est un soulagement de ne pas avoir à gérer l’aspect médical du problème quand tout l’affect vous envahit.

    +1 qui d’une hémorragie de la délivrance, qui d’une préeclampsie carrément flippante avec bb grand prématuré, quelle amie, connaissance, voisine aurions-dû enterrer sans ces examens médicaux et équipes médicales ?

    Retour au naturel, oui mais à quoi bon faire porter le risque de mort sur un bébé et sa mère ? Il y a suffisamment d’autres risques non contrôlables pour ne pas en prendre davantage sur ce qui doit être protégé envers et contre tout si c’est possible.

  • Reply Ptitecarotte 24 juin 2020 at 8 h 06 min

    Merci pour ce texte, qui tape juste je trouve. Il appelle chez moi une question : on entend souvent qu’en France le suivi de grossesse est plus médicalisé qu’en GB (peut-être aussi d’autres pays mais c’est cet exemple que j’ai entendu le plus). Les chiffres de mort périnatale montrent-ils un écart? Peut-être que tu sais?

  • Reply Emma 24 juin 2020 at 16 h 55 min

    Bonjour,
    J’ai la chance de n’avoir jamais perdu d’enfant, et je partage à 100% votre avis.
    Nous avons la chance de vivre en France dans un pays où l’on est suivi tout au long de sa grossesse. Alors oui, on peut avoir l’impression que c’est inutile, parce que tout se passe bien pour heureusement la majorité des femmes.
    Mais on oublie les mamans pour qui la grossesse ne s’est pas bien terminée, on oublie les femmes de nombreux pays dans lesquels la grossesse n’est absolument pas suivie, ou alors à des taris exorbitants qui ne permettent pas la prise en charge de la majorité…
    on oublie facilement les avancées et les droits que nous avons lorsqu’ils nous semblent acquis, et c’est bien dommage.

  • Reply Raphaelle 25 juin 2020 at 8 h 48 min

    Je suis bien d’accord avec toi.. Je dois dire qu’à force d’entendre un divinisation du parcours médical « light » (seulement sage femme, le moins d’examens possible) on oublie pourquoi on les fais tous ces examens.. Après une fausse couche je peux vous dire que je n’aurais jamais survécu à 3 mois d’attente avant la première écho « officielle » pour savoir si il y avait bien un embryon vivant dans mon ventre ou pas!.. j’ai aussi eu un accouchement compliqué, et sans péri clairement ça aurait été quasi infaisable. Après je pense que le mythe du « naturel c’est mieux » vient justement de là : ça sous-entend que tout se passera bien, que ta grossesse sera miraculeusement sans soucis, que ton bébé sera en pleine forme et hyper bien placé pour l’accouchement, en fait c’est un peu le chat de schrodinger.

  • Reply Laurie 25 juin 2020 at 19 h 24 min

    …généralement la suite du discours ca enchaine sur l’education bienveillante. En tout cas je suis 1000% d’accord avec toi. Et pour ma part j’ai accouché avec péridurale (en disant d’emblee que je la voulais), je n’ai pas allaité (oula la méchante) et je dis non à mes enfants quand je ne suis pas d’accord (même que je mets mon fils dans son parc quand il va gratter la terre de mes plantes). Bref je pratique l’éducation malveillante 😉

  • Reply Lulu 25 juin 2020 at 20 h 59 min

    C’est parfaitement dit ! Complément d’accord !

  • Reply Aurelie 26 juin 2020 at 13 h 18 min

    Salut Julie, j’aurais adoré envoyer cet article à la gynécologue qui m’a fait une échographie un dimanche matin juste parce que j’avais au ventre et qui ne m’a pas laissé repartir et m’a opéré en urgence de ma GEU. Moi qui voulait rentrer chez moi pour préparer une valise d’hôpital je me rappellerais toute ma vie de ces mots « je pense que vous ne réalisez pas, si vous avez mal au ventre c’est parce que vous faites une hémorragie interne. La GEU c’est la 1er cause de décès des femmes enceintes au 1er trimestre ». Alors merci à la sur médicalisation, à cette professionnelle de santé d’avoir été présente un dimanche matin (pas chez elle à faire la grasse mat’) et de m’avoir permis de vivre tout simplement !

  • Reply Ariel 29 juin 2020 at 9 h 52 min

    Tout à fait d’accord avec vous, j’aurais pu dire la même chose, sauf que je n’ai pas votre talent pour écrire ;-).
    Si je regarde autour de moi, la médicalisation de la grossesse et de l’accouchement a sauvé pas mal de personnes. A commencer par mes 2 enfants (mon fils était coincé : ventouse, ma fille en détresse cardiaque : on est passés à 5 minutes de la césarienne, tout était prêt pour descendre au bloc). 3 de mes amies peuvent également remercier la médecine : 2 césariennes en urgence pour bébé en détresse cardiaque (premier enfant à chaque fois), et perfusion pour hémorragie de la délivrance pour la troisième. Pour nous toutes (et nos enfants, ce qui fait quand même 14 personnes en tout), l’accouchement non médicalisé aurait conduit à la catastrophe. Et je ne parle même pas du suivi suite à ma fausse couche, qui a permis de s’assurer que tout était rentré dans l’ordre pour une nouvelle grossesse!
    Alors oui, certaines ont des grossesses et des accouchements sans complication, et c’est tant mieux! Mais vous avez raison de rappeler qu’avant toute cette médicalisation, la mortalité maternelle et infantile était très élevée.
    Alors comme vous, je dis merci aux médecins et sages femmes qui ont pris soin de nous.

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