Les leçons de vie que je souhaite enseigner à ma fille

Je crois que, quand on est parents, on est nécessairement amenés à se poser la question: si je pouvais enseigner à mon enfant quelques leçons de vie tirées de mon enseignement personnel, que voudrais-je lui transmettre? Si j’avais une baguette magique qui me permettrais de donner instantanément à Kate des solutions aux questions que je me suis longtemps posées, voici ce que je lui dirais:

 

Sois bienveillante

Accepte l’autre tel qu’il est, dans sa différence, dans sa complexité. N’aies pas la moquerie facile, le sarcasme blessant, le ragot au bout des lèvres. Ne repousse pas l’autre sous prétexte qu’il ou elle est « trop » ci, ou « pas assez cela ». Pire: ne harcèle pas celui ou celle qui te semble avoir « plus » que toi: tu n’es pas dans sa vie, tu ne sais rien de son vécu. Tu n’as aucun droit de t’arroger le pouvoir de rendre l’autre heureux ou malheureux. Nous sommes tous la personne « bizarre » ou « trop chanceuse » de quelqu’un d’autre: ne l’oublie jamais.

N’écoute pas non plus ceux qui se moquent de ta gentillesse, ce n’est pas un défaut (bien au contraire:il en faut du courage pour s’affirmer Bisounours dans une société qui valorise l’agressivité à tous les égards). Rejette la méchanceté, elle n’a jamais rien apporté de positif à personne, pas même à ceux qui l’utilisent. Crois-en ta maman: les personnes les plus méchantes que je côtoie sont aussi les plus mal dans leurs baskets et les plus névrosées.

 

Poursuis tes rêves

N’aies pas peur de vivre la vie dont tu rêves, plutôt que celle que les autres attendent de toi. N’aies pas peur d’emprunter des sentiers différents, de prendre des chemins de traverse. Tu perdras peut-être quelques amis au passage, tu entendras des oiseaux de mauvaise augure te prédire échec, remettre en question le bien fondé de ton projet, tenter de te faire douter ou perdre confiance en toi. T’envier ton envol. Comprends bien une chose: ces personnes ne font que de te parler d’elles. De leurs peurs, à elles, d’oser. De leur manque de confiance en elles. Mais tu y gagneras, toi, une liberté rare: tu seras la personne que tu as toujours voulu être.

 

Reste toi-même

Parfois, tu seras amenée à prendre des décisions qui remettront en question ton identité, tes croyances, tes valeurs. Tu sera tentée de choisir la solution de facilité, celle qui t’apportera un peu de positif, très rapidement, au détriment de ce que tu es réellement. Prends ces moments comme des tests. Ne crains pas d’aller à contre-courant. Sois (réellement) fière de la personne que tu vois chaque matin, et chaque soir, dans le miroir.

 

Ne rejette pas la faute sur l’autre

Il est si facile de blâmer la terre entière pour ses échecs. Il est tellement tentant de vouloir voir en l’autre un ennemi quand il ne répond pas à nos attentes. Il est tellement simple de chercher à se venger, tout le temps, à tout prix.

Toute relation est basée sur deux personnes: l’autre, et toi. Il est rare, très rare de tomber sur une personne qui incarne le mal absolu « pour de vrai » (coucou les pervers narcissiques!). Il est en revanche très tentant de parer l’autre de toutes les pires qualités possibles pour se dédouaner en cas de désaccord. Le problème, c’est qu’à trop raisonner de la sorte, on reproduit encore et encore les mêmes erreurs dans nos relations. Si tu n’apprends pas parfois à te remettre en question, tu ne pourras jamais t’améliorer.

Accepte ta responsabilité et ta part d’erreurs si une relation échoue. Apprends à demander pardon si cela est nécessaire. Ne gâche pas ton énergie à convaincre désespérément l’autre que tu as raison, ou, pire, à tenter de te venger. Passe à autre chose. C’est à ce prix seulement que tu pourras atteindre une forme de paix intérieure, et ne plus ruminer tes relations passées.

 

Apprends à dire « stop »

Il est souvent difficile de se séparer des personnes qui nous font du mal. Il est parfois compliqué de se protéger des personnes toxiques, qui n’ont de cesse que de vouloir empoisonner lentement ton existence pour se décharger de leurs névroses sur toi. Il peut être également très éprouvant de dire simplement: « non », par crainte de faire de la peine. Pourtant, il va falloir t’apprendre à poser des limites. Etre bienveillante ne signifie pas non plus te laisser marcher sur les pieds! Fais-toi respecter, c’est essentiel. Ce qui nous amène au point suivant…

 

Respecte-toi

On ne peut pas demander à l’autre un respect que l’on ose pas forcément s’accorder à soi-même! Plus tu seras bienveillante envers toi même, bien dans tes baskets, à l’écoute dans tes besoins, plus il te sera facile ensuite d’avoir des relations saines avec les autres, y compris en milieu professionnel. Les personnes malveillantes sont toujours à la recherche d’une faille: ne leur laisse pas avoir de prise sur toi. Sois sûr de qui tu es, et de ce que tu vaux. Ne laisse jamais personne te dire que tu n’es pas à la hauteur: c’est faux.

 

Apprends de tes erreurs

Les erreurs et les échecs, bien qu’éprouvants, font partie du chemin qui t’amèneras vers l’objectif que tu souhaites atteindre. Ils te sont indispensables pour apprendre, pour t’améliorer, et pour obtenir le résultat que tu espères tant. La seule question que tu dois te poser en cas d’échec, c’est « comment puis-je rebondir après cela? ». Travaille dur, donne toi les moyens d’atteindre tes objectifs. Ne perds jamais de vue que le succès n’est que la partie immergée de l’iceberg. Que derrière chaque réussite, chaque succès, il y’a sans doute des mois et des années de travail acharné. Mais que cela en vaut la peine.

 

Prends soin  de toi

Ce sera ma dernière leçon, très personnelle, mais ô combien importante. Cela te semblera sans doute un peu futile, mais prends soin de toi, physiquement. Le mental n’est jamais totalement décorrélé du physique. Soigne toi si tu es malade, repose toi si tu es fatiguée, nourris-toi sainement, au risque d’exploser en plein vol.

Soigne tes cheveux, fais-toi de jolies manucures, achète des vêtements dans lesquels tu te sens belle. Cela te semble futile au possible? Et pourtant… ton corps reste ta machine de travail principale. Il est également la première chose que les autres voient de toi. Je ne te dis pas de ne jamais trainer en jogging chez toi, ou d’être maigre puisque c’est à la mode, non: simplement de prendre soin de ton corps. De te sentir jolie. On ne peut pas être « bien dans ses baskets » au sens figuré si on ne l’est pas déjà un peu au sens littéral…

 

(PS: sur la photo, c’est moi il y’a 6 ans. Une époque où j’étais très mal entourée – on la sent l’envie de zen? 😉 )

(PPS: et je n’avais pas eu deux bébés donc je pesais 10 kilos de moins… mais j’y travaille, j’y travaille…)

5 Comments
  • Camomille
    janvier 25, 2016

    Je découvre ton blog via DMT et j’aime beaucoup cet article… Je l’aurais beaucoup moins bien écrit mais ce sont les messages que je voudrais faire entendre à tous les petits êtres auxquels je tiens, mes enfants en premier bien sûr !

    • Urbanie
      janvier 25, 2016

      Merci Camomille! Ca me touche beaucoup! :)

  • Louna
    janvier 25, 2016

    Eh ben ça, c’est du bel article ! Je me retrouve tout à fait dans cette liste de valeurs importantes à transmettre à nos enfants, et plus largement, à tous (même si, comme le dit Camomille, je n’aurais jamais pu écrire ça aussi bien que toi !)

    Cela dit, j’avoue que le moi-maman qui lit cet article se dit : « Wouaaaaaaahou ! Elle a trop raison, Urbanie, elle a tout compris, et ces leçons de vie qu’elle veut transmettre à bébé Kate sont plein de justesse, d’espoir et d’amour : j’aimerais trop lui ressembler, à cette maman-Urbanie…. Mais franchement, je ne suis déjà pas sûre de réussir à faire comprendre à ChérieChou qu’il ne faut pas taper ses petits camarades de crèche, même quand elle a mal aux dents et qu’elle recherche désespérément l’attention des adultes, alors je me sens encore loin d’une éventuelle transmission de ces belles valeurs pourtant si importantes. »

    Du coup, heureusement, mon moi-femme reprend le dessus, et se dit : « Qu’à cela ne tienne, essayons au moins d’appliquer ces beaux principes dans notre vie, dans notre quotidien, et avec un peu de chance, ChérieChou en sera positivement impactée ? »
    Tu la sens, la mère stressée ? 😉

    Blague à part, c’est un très bel article, et qui va me falloir relire pour me remettre un peu en question et profiter des leçons de vie de ta fille, pas pour la mienne, mais pour moi. Il n’est jamais trop tard pour apprendre, alors merci, Urbanie !

    • Urbanie
      janvier 25, 2016

      Hahaha, merci!

      Alors je te rassure: j’ai mis environ 25 ans à commencer à réfléchir à tout ça, puis encore au moins 4 ou 5 ans avant de réellement les mettre en oeuvre au quotidien sans difficulté. Et pour les inculquer à Kate, ça va me prendre… toute une vie je crois. Mais, en ayant intégré tout ça, et en le mettant en oeuvre, cela me sera forcément plus facile pour l’enseigner. Par exemple, si Kate me voit être bienveillante, il y’a de fortes chances qu’elle essaie de m’imiter (mais pas à 18 mois, hein. Plutôt vers 8 ans 😉 ).
      Bon, par contre si demain la crèche m’appelle pour me dire qu’elle rackette les doudous des autres bébés, là, c’est sur, je devrai prendre sur moi, ce sera encore trop tôt. Hem. 😀

  • Pititefleur
    janvier 25, 2016

    Je me retourner beaucoup dans la majeure partie des valeurs que tu souhaites transmettre à ta petite Kate.

    Je le rend compte aussi que piur les inculquer à les futurs enfants il faudrait que je les applique aussi quelque peu à moi même :)

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