Deuil périnatal

Entretien avec Hélène, présidente de l’association Souvenange

15 octobre 2019

En cette journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, j’ai eu envie de mettre à l’honneur l’association Souvenange, qui rend un immense service aux parents endeuillés en leur permettant d’obtenir des clichés de qualité de leur bébé décédé.

Alors je sais ce que tu te dis, toi qui me lis et qui n’est absolument pas concerné par le deuil périnatal: « des clichés de bébés mort-nés? Et puis quoi encore »?

Eh bien cette action est absolument capitale, parce qu’elle permet aux parents de conserver une trace concrète, un souvenir, du passage de leur bébé sur terre. C’est d’autant plus capital que, même si les équipes médicales prennent systématiquement une photo du bébé pour archiver dans le dossier médical, ces photos sont rarement… esthétiques.

Alors un grand merci à Hélène, présidente de l’association, qui a très gentiment accepté de répondre à mes questions par téléphone.

 

Bonjour Hélène, est-ce que vous pouvez nous présenter l’association ?

L’association Souvenange Photographie France est une association loi 1901 à but non lucratif, reconnue d’intérêt général, créée en novembre 2014.  Elle compte aujourd’hui 199 photographes bénévoles et 16 bénévoles non photographes, soit un total de 213 bénévoles. Ils sont répartis sur tout le territoire français (DOM compris).
Cette association a été créée parce qu’une telle structure n’existait pas en France en 2014, contrairement aux États-Unis où la pratique est plus répandue.

Que faites-vous concrètement?
Concrètement, nous avons deux missions :
– Les prises de vue dans les établissements hospitaliers, sous convention de partenariat, ou bien hors convention (appel direct des parents)
– Les retouches des photos existantes prises par les parents eux-mêmes ou par un personnel médical
Nous retouchons toutes les photos, qu’elles soient anciennes ou récentes, de bonne qualité ou non.

Pour les retouches, tout est numérique. Pour les prises de vue, nous proposons un joli coffret avec tirages et une clé  HD. Nous travaillons avec un labo mécène aussi, pour le développement des photos.

Comment votre démarche est-elle perçue par les professionnels?

Notre démarche est de mieux en mieux perçue au sein des maternités. Au tout début, quand personne ne nous connaissait, nous avons parfois quelque peu surpris. Mais aujourd’hui, avec près de 5 ans d’existence, 29 conventions signées (dont certaines avec de très gros établissements), près de 400 séances réalisées, et plus de 500 retouches, je pense que nous pouvons dire que nous sommes connus et reconnus, et respectés.
Les personnels savent à quel point ces photos sont importantes puisque que sans Souvenange, ils les font eux-mêmes et ce depuis plus de 20 ans.

Comment vous contacter, justement ? Si un couple a besoin de faire appel à un photographe, comment doit-il s’y prendre?

Pour nous contacter rien de plus simple :
Via notre site, www.souvenange.fr à rubrique contact, et ensuite choisir dans le menu déroulant le motif de la demande
Nous sommes très réactifs, en particulier pour les demandes directes d’accompagnement en établissement où effectivement souvent les délais sont courts. Nous essayons toujours en sorte de trouver un bénévole disponible.

 

Dernière question : comment formez-vous les photographes (techniquement, mais aussi humainement…) ?

Avant de devenir bénévole, il faut présenter sa candidature au comité technique. Si le postulant n’est pas bon techniquement, il n’est pas pris. Nos photographes bénévoles accompagnent pour 80% des IMG, donc les photographes sont prévenus et doivent être d’accord – nous n’acceptons pas les personnes qui nous demanderaient à ne pas intervenir lors d’IMG par conviction personnelle, par exemple. Ensuite, les gens adhèrent et deviennent bénévoles.

Nous prévoyons 5 RDV de formation avant d’envoyer les photographes en mission :

1. Un entretien téléphonique d’1h

2. Une formation d’1h30 à 2h, pendant laquelle nous leur montrons des photos, pour les préparer, parce que tous n’ont pas vécu de deuil périnatal, loin de la. On leur parle des retouches, pour expliquer jusqu’où ne pas aller. On se donne le droit d’atténuer les stigmates mais en aucun cas on ne change la morphologie du bébé. On change le fond aussi si besoin.

3. Puis 3h de formation de  « sensibilisation au deuil périnatal ». Tout le contexte. Juridique, technique, psycho, spécificités du deuil périnatal (cette partie là se déroule en visio).

4. Puis la présentation détaillée de l’association

5. Et enfin 1h30 sur les procédures de prise de contact avec les établissements et procédures de prise de vue. Nous leur faisons signer un contrat de 12 pages qui verrouille tout juridiquement. Nous signons également des conventions de partenariat

Nous sommes accompagnés par une psychologue bénévole, entièrement dédiée aux  bénévoles de l’association. Elle peut parfois participer à un entretien avec les bénévoles pour valider la candidature. Tous les bénévoles ont son contact direct et peuvent la solliciter si besoin.

 

 

 

Un grand merci à Hélène, pour avoir accepté de gentiment répondre à toutes mes questions.

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1 Comment

  • Reply Virginy 15 octobre 2019 at 11 h 31 min

    Un grand merci à Souvenange, merci à Alexandra, la photographe qui a fait de notre fils Zachary notre star d’un jour et de toujours… pour nous le plus beau des anges
    Ce que vous faites pour nous, les parents endeuillés et les familles autour (ne les oublions pas) est tellement important pour l’acceptation
    MERCI

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