enceinte, a t-on le droit de se plaindre?

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Vaste question que je me pose depuis ma première grossesse!

Pour elles et ceux qui n’ont pas suivi, je vais faire un rapide résumé des épisodes précédents: deux grossesses en un an et demi. L’une s’est terminée au bout de 6 mois, la seconde se poursuit (je suis actuellement dans mon troisième et dernier trimestre). Pour les deux grossesses, mon corps a eu du mal à suivre: nausées, malaises, fatigue… je suis malade quasi non-stop. Comme le dit ma sage-femme: « il y’a des femmes dont le corps est fait pour ça (être enceinte), d’autres moins. C’est comme ça, vous n’y pouvez rien ».

 

Depuis le début de cette grossesse, et compte-tenu de mes antécédents, je suis arrêtée. Mais, et il y’a un mais, cela fait 6 mois que, tous les jours ou presque, je dois faire avec un corps qui, non content de changer, est régulièrement malade. Je ne parle pas des douleurs que toutes les femmes enceintes connaissent et qui sont (plus ou moins) supportables, mais au moins relativement ponctuelles. Je parle de maux plutôt handicapants au quotidien. Auxquels s’ajoute l’angoisse pesante liée à mes antécédents: vais-je réussir, cette fois-ci, à avoir un bébé?

 

Pas un jour depuis 6 mois ne passe sans que je ne souffre physiquement quelque part. Je n’ai même, en dehors des 3 premières semaines, jamais été « bien ». Je vomis, je tombe dans les pommes sans arrêt, j’enchaine infections rénales et urinaires, je suis épuisée. Je ne peux donc plus sortir de chez moi, sauf pour me rendre à des visites médicales, si je ne suis pas escortée (rapport aux malaises que je fais un peu n’importe ou, n’importe quand: il est plus rassurant d’avoir quelqu’un pour me raccompagner chez moi si je tombe dans les vapes).
Je précise tout de suite que je suis une bonne nature à la base: optimiste, plutôt douée pour le bonheur, positive. Pourtant, je le dis clairement: je n’aime pas être enceinte. Je n’aime pas être malade tous les jours, sans interruption: c’est usant physiquement, c’est usant pour les nerfs, et j’aimerais parfois avoir juste une heure ou deux de répit. Une heure ou deux pendant lesquelles j’arriverais à reprendre une activité un tant soit peu normale. J’adorerais sortir de chez moi faire les courses sans faire un malaise au milieu de la queue. J’adorerais prendre à nouveau le métro sans devoir obligatoirement passer par la case taxi, toujours en raison des malaises que je fais sans prévenir. J’aimerais tellement sortir prendre l’air à la terrasse d’un café avec des copines (que je n’ai pas revues depuis le début de ma grossesse). Sortir du canapé. Faire le ménage. reprendre le boulot. Avoir une vie.

 

Or, si je le dis à voix haute, je sens bien que cela coince. Je sens bien que les gens n’aiment pas qu’on leur raconte qu’une grossesse peut ne pas être le meilleur moment de la vie d’une femme.
Il y’a plusieurs raisons à cela:

  • Certains ont du mal à (ou n’ont jamais pu) concevoir: ils considèrent donc que mon état est une chance, et non un fardeau. Je sais qu’ils tueraient (ou presque) pour être à ma place, vomissements ininterrompus et malaises compris.
  • D’autres partent du principe que, tant que le bébé va bien, alors le reste (mon état) n’est pas important.
  • D’aucuns voient en la maternité un moment tellement magique, tellement merveilleux, qu’ils ont du mal à faire la part des choses entre le bonheur d’accueillir un enfant, et la pénibilité d’être enceinte pour certaines femmes. Si on s’apprête à devenir mère, on est donc forcément épanouies, même malade comme un chien. Ceux-là constituent la vaste majorité des gens que je rencontre.
  • Enfin, quelques femmes qui ont été malades aussi partent du principe que, si elles ont aimé être enceinte, même en étant parfois malade, alors c’est que l’épanouissement de la femme enceinte est une question de volonté ou de philosophie. En gros, c’est un peu de ma faute si je vis mal ma grossesse. Sans trop se poser la question de comparer mon état actuel, du leur à l’époque (il y’a une énorme différence entre être malade tous les jours pendant plusieurs mois, et avoir connu des épisodes ponctuels d’angoisse ou de maladie).

Je ne sais jamais quoi répondre à tout cela, pour être tout à fait honnête.

 

 

Oui, être enceinte est une chance, je le réalise tous les jours. Je vois autour de moi quantité de femmes qui ne parviennent pas à tomber enceintes, et pour lesquelles il s’agit d’une vraie souffrance. En cela, je n’ai rien à dire: elles ont raison, en effet, d’envier mon état. Mais, et c’est là où je mettrais un léger désaccord: je ne dis pas que je n’aime pas le fait d’être tombée enceinte; je ne dis pas que je regrette d’être tombée enceinte; je ne dis pas non plus que je n’aime pas mon bébé. Je dis juste que je n’aime pas être enceinte. Que, physiquement, je suis malade. La nuance peut paraitre subtile, mais elle est pourtant réelle.

 

Partir du principe que, tant que le bébé va bien, alors tout va bien, est aussi à mon sens une fausse vérité: oui, en effet, je veux que mon bébé aille bien, c’est d’ailleurs pour cela que je serre les dents depuis 6 mois. Mais je ne comprends pas bien pourquoi le mal être physique de la maman devrait être pour autant ignoré. Pour moi, il s’agit d’une donnée encore différente: ce n’est pas parce que le bébé va bien que la mère ne doit pas pouvoir dire quand elle ne va pas bien, elle. Je ne sais pas très bien quelle part le vécu de la grossesse prend dans les dépressions post-partum, mais on va le dire clairement: le bébé ira d’autant mieux que la maman aura les ressources physiques et psychologiques pour s’occuper de lui. Pendant la grossesse, ou après l’accouchement. Donc pour moi, ignorer les plaintes d’une femme enceinte, c’est tout simplement prendre le risque de créer une petite bombe à retardement. Dont le bébé pâtira.

 

La grossesse, moment magique? C’est ma troisième interrogation! Pour certaines, oui, et je trouve cela très bien. Je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, j’envie celles qui arrivent à garder leur pleine santé physique et leur énergie pendant leur grossesse. Je ne suis pas de nature envieuse ou aigrie, donc je suis juste contente pour elles. Simplement, je trouve cela un peu dommage que cette façon de bien vivre sa grossesse soit érigée en norme absolue pour toutes les autres femmes, au point que celles qui en chient n’ont plus le droit de le dire. C’est idiot, mais nous sommes toutes différentes, il n’y a qu’à voir pendant les ragnagnas: certaines vont avoir un syndrome pré-menstruel hyperdéveloppé, d’autres se tordront de douleur sur leur canapé, d’autres encore ne remarqueront même pas qu’elles ont leurs règles. Nature is a bitch, c’est comme ça. Ben enceinte, c’est pareil.

 

Enfin, la question de la volonté… je l’ai dit, je suis de plutôt bonne composition. Mais toutes les personnes qui doivent subir une maladie chronique vous le diront: la douleur au quotidien est usante pour les nerfs. Or, quand on souffre sans interruption depuis plusieurs mois, c’est le même principe: les nerfs et la bonne composition fondent comme neige au soleil. Donc il m’est parfois très difficile d’entendre des femmes se comparer à moi parce qu’il est tout simplement presque impossible qu’elles aient le même vécu que moi. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas souffert pendant leur grossesse: mais il est difficile de se comparer, qui plus est parfois plusieurs années après les faits (je pense aussi très sincèrement qu’on OUBLIE beaucoup, beaucoup de choses après l’accouchement).

 

Bien entendu, il y’a des choses que j’apprécie dans cette grossesse: acheter des vêtements pour bébé (sérieusement, il faut que les fabricants arrêtent de faire des trucs aussi mignons!). Penser à la déco avec des copines. Chercher un prénom. Mais ces petites choses, qui sont de petits moments de grâce, ne suffisent pas totalement à me faire oublier le reste. Surtout quand les derniers résultats médicaux m’angoissent parce qu’ils ne sont pas tout à fait positifs, sans être non plus alarmants.

 

Du coup, je pose la question: ai-je le droit de dire que je ne suis pas épanouie sans provoquer de réactions passionnées, de regards en coin ou de remarques moralisatrices? En théorie, j’aimerais vous dire que oui. En réalité, j’ai souvent l’impression que non. Donc j’ai trouvé la solution: je l’écris. Au moins, pas de risques de contrarier les gens en face-à-face. Je l’écris ici, je l’écris sur Dans Ma Tribu, je l’écris à mes amies d’internet. Je sais que cela touche d’autres femmes qui n’aiment pas non plus leur état, qui se sentent mal(ades), encombrées, dépossédées de leur corps. Avec ces femmes, je sais que je parle la même langue, et que l’on se comprend.

Et vous, vous en pensez quoi? Vous n’aimez pas entendre des femmes enceintes se plaindre? Vous préférez quand elles vous racontent qu’elles adorent être enceintes, même si elles vous mentent?
A vos claviers, ça m’intéresse! :)

 

38 Comments
  • Lor
    juin 1, 2015

    Dans la vie « vraie » avec des gens en face je ne me plains pas trop, je pars du principe (comme quand on n’est pas enceinte) que la personne qui te demande si ça va le demande par politesse mais ne veut pas t’entendre raconter tes malheurs. Par contre si elle insiste, alors je me plains, et pour l’instant je n’ai eu que des personnes plutôt compréhensives en face, qui n’ont pas jugé mes plaintes. A la limite la seule chose qu’on m’a dite était « oh moi j’ai eu de la chance je n’ai eu aucun symptôme pendant ma grossesse », donc rien daccusateur dans la formulation.
    par contre, si je suis exténuée de ne plus dormir, de gérer un travail (de bureau certes) a responsabilités, j’aime être enceinte. Ma conclusion sera la même que toi, mais juste exprimée différemment. J’aime être enceinte mais j’en veux à mon corps de mal supporter cet état pourtant « naturel », tu vois ce que je veux dire? Après c’est peut etre parce que j’en veux à mon corps depuis un moment de ne pas faire « comme tout le monde », alors c’est peut être plus facile de m’en différencier…
    bref c’est la merde et c’est pas fini pour nous 😀 mais on aura un bout de chou au final dans les bras et je pense aussi qu’on oubliera pas mal de choses…

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Je suis assez d’accord avec ton analyse: il y’a en effet d’une part les gens qui te demandent si tu vas bien par simple politesse, sans attendre de réponse particulière en retour (à eux, en général je réponds poliment « oui oui, un peu fatiguée mais ça va »); et ceux qui te posent sincèrement la question, et c’est là où parfois de mon côté, ça peut coincer. En particulier du côté du corps médical, d’ailleurs (mais ils sont là pour traiter les symptômes, plus que l’état émotionnel). Rien d’agressif, ou de méchant, mais souvent je sens une résistance à entendre que je ne vais pas si bien que ça physiquement.

      Je suis complètement d’accord aussi sur le fait d’aimer le fait d’être enceinte, mais d’en vouloir à ton corps de ne pas te le rendre aussi bien que tu l’aurais souhaité! C’est ce que je ressens aussi souvent (mais en mieux formulé ^^)

      • Lor
        juin 1, 2015

        Et paradoxalement je remercie mon corps d’avoir pu faire cette grossesse, de créer ce bébé qui jusqu’ici va très bien. Bref ambivalence quand tu nous tiens!
        Par contre je suis tout à fait d’accord sur le corps médical, j’ai vu vendredi dernier ma sage femme, très à l’écoute et vraiment adorable, mais je n’ose pas trop me plaindre (traumatisme inconscient d’un connard de médecin il y a des années). Je dis quand même mes symptômes mais j’ai l’impression en les disant de les excuser du genre « je suis fatiguée, mais je suppose que c’est normal non? et le poul à 110 au repos, ça doit être l’anémie donc c’est normal? » etc… Et effectivement elle me disait « oui ça c’est normal », oui bon c’est normal mais est ce qu’on peut y faire quelque chose sivouplé???

  • Tannabelle
    juin 1, 2015

    Bien sûr que tu as le droit de le DIRE ! Le problème, c’est que les gens n’ont pas tous (loin s’en faut) la capacité de l’entendre.
    Depuis ma première grossesse (rien à voir avec la grossesse en question – j’ai eu la chance que mes deux grossesses se passent bien physiquement parlant – mais plutôt avec la naissance sans vie de ma fille), je relativise beaucoup. Parce que, sur un autre plan, dans un autre domaine, je subis le même tabou : on n’a pas le droit de vivre, de penser, de ressentir des choses différentes de la « norme » ou de ce que les gens considèrent comme « normal ». Ma fille me manque mais ce n’était qu’un bébé mort-né alors les gens – les profanes – ne voient pas où est le problème. Tu n’aimes pas être enceinte mais c’est la plus belle chose qui puisse arriver à une femme alors les gens – les profanes, encore – ne voient pas où est le problème.
    Cette indifférence, voire ce déni, m’a aidée à voir les choses autrement, à être plus tolérante : quand on me parle, je ne projette plus mon vécu, mon ressenti, mon idée préconçue, j’écoute et j’accueille ce qu’on me dit en respectant la personne qui me le dit, dans son vécu et son ressenti à elle.
    Le décès de ma fille m’aura rendue plus tolérante et plus à l’écoute. J’aurais préféré rester comme tout le monde et avoir ma fille mais ce n’est pas possible alors il faut bien retirer quelque chose de ce drame.

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Ah oui, le deuil périnatal est déjà très tabou en soi; je crois que c’est le tabou ultime de la grossesse! Comme quand on me dit qu’il n’y pas de raisons que celle-ci se passe mal lorsque je fais parfois part de mes angoisses (mais il n’avait pas de raisons non plus la dernière fois – en fait, il n’y jamais aucune raison, non?). Ne pas entendre, c’est aussi une façon d’éluder une réalité qui est terriblement difficile à entendre (c’est comme ça que je l’interprète). Je suis d’accord sur le fait d’être moins dans la projection, plus à l’écoute, depuis cette épreuve. C’est en effet quelque chose de très positif à retirer de ce drame.

  • Sarah
    juin 1, 2015

    Je pense que justement,même si cest mal accepté en général pour le moment, il ne faut pas hésiter a le dire haut et fort. Il n’y a que comme ça que ça fera changer les mentalités. Bon courage pour les derniers mois!

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Merci Sarah!

      Oui, j’essaie de « faire passer le message » maintenant via les blogs. C’est pas encore gagné mais c’est toujours ça de pris!

  • La Bavarde
    juin 1, 2015

    Courage courage ! Finalement, la grossesse, c’est un peu comme le mariage : t’es forcément obligée d’être sur ton nuage, avec le big smile (alors même que t’as envie de dire que c’est pas top top…ou que ça ressemble pas à ce que t’imaginais !)

    Courage pour ces dernières semaines de fusion avec ce petit bébé ! Plains-toi si tu en ressens le besoin, au moins t’extériorise (même si je comprends que c’est agaçant quand t’es face à des gens qui ne font ni preuve d’empathie, ni preuve de compréhension…)

    Des bisous

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Oui, exactement! La comparaison avec le mariage est très similaire!

      Plus que de l’agacement, c’est surtout de la solitude en fait que je ressens… heureusement, mon mari est là! (et il est super compréhensif!)

  • Lunaly
    juin 1, 2015

    Je n’ai encore jamais été enceinte et je ne connais pas encore les maux qui accompagnent une grossesse mais néanamoins, j’ai des femmes autour de moi (amies ou connaissances) qui ont vécus une grossesse pas épanouissante. Ton cas est effectivement pas très réjouissant et bien que je ne sois pas passé par cette case pour l’instant, je peux comprendre que tu ne vive pas une grossesse dans les meilleures formes et que c’est usant moralement et physiquement. Les gens qui balancent que la grossesse c’est un état de grâce, n’ont pas d’empathie d’après moi. Tant mieux pour eux si tout à rouler de leur côté mais comme tu le dis, pas toutes les femmes ne sont égales à ce niveau malheureusement. Je te souhaite malgré tout que ton dernier trimestre de grossesse s’arrange et que tu puisses avoir un peu de répit en attendant l’arrivée de ton bébé.

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Merci! :)

      Je crois que c’est un peu ce que disait Florence Foresti dans son spectacle sur la maternité, c’est qu’il y’a un vrai tabou… même les nanas qui « savent » que, parfois, la grossesse peut être dure à vivre, n’en parlent pas.

  • Pititefleur
    juin 1, 2015

    Personnellement, je suis d’avis que tout les ressentis bons ou mauvais sur la grossesse sont intéressants à lire. Justement, quand on ne lit que des commentaires positifs on s’imagine une grossesse radieuse et merveilleuse. Et si ce n’est pas le cas ? Ben tu culpabilises ! Super ! Je préfère savoir que toutes les grossesses ne sont pas idéales (un peu comme la preparation de mariage en somme). Au moins, le jour où j’attendrais un bébé je saurais à quoi m’en tenir.

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Oui, exactement! J’ai beaucoup culpabilisé (et je me suis fait aussi pas mal culpabiliser) de ne pas être épanouie au tout début (en même temps, avec des nausées de folie….). Maintenant ça va un peu mieux, j’assume mieux mon état d’esprit!

  • Amélie C
    juin 1, 2015

    Premier commentaire ici alors que je te suis depuis tes chroniques sur Mlle Dentelle ! (je me suis mariée en novembre 2012 donc à peu près en même temps que toi ! :-)) puis sur Dans ma tribu, et enfin ici. Bref, il était temps :-)
    Ton article, c’est mot pour mot ce que je pense !! Et ce que je dis régulièrement à mon mari, qui heureusement me soutient et me comprend complètement puisqu’il vit à mes côtés mes souffrances !
    Comme toi, je souffre de nausées et vomissements sévères. Hospitalisée en urgence deux fois, perdu 7kg, douleurs terribles… comme toi, malaises, je suis sans force et j’ai été arrêté plus de 6 semaines en tout alors que je ne suis qu’au début de mon quatrième mois (arrhhhhhhggggggggg!!!!!)
    Et pourtant je suis TROP TROP HEUREUSE à l’idée d’avoir un enfant et d’être tombée enceinte. Mais comme tu le dis si bien, non, je suis suis pas heureuse d’être dans cet état de grossesse.
    Et beaucoup de personnes ont du mal à comprendre ! Vraiment je suis tellement surprise par la réaction de copines ! Elles essaient de minimiser mon état en m’interrompant avec des « oui, enfin bon l’essentiel c’est que le bébé se porte bien ! » ou « oui enfin tu dois être super heureuse et du coup c’est rien tout ça! » euuhhh… ben oui je suis super heureuse, mais non ce n’est pas rien. Et oui j’en pleure souvent. Je ne me reconnais pas, je n’ai quasiment plus de vie sociale moi qui aimait tant boire un verre en terrasse, aller me baigner ou aller juste me promener dans la nature. J’ai l’impression d’être prisonnière chez moi, prisonnière et malade !
    Heureusement que j’ai quelques amies compréhensives qui viennent régulièrement aux nouvelles (du bébé mais de moi AUSSI :-) ) ainsi que mes parents et mon mari !

    Comme tu vois j’aurais pu écrire mot pour mot ton article, et je dois reconnaitre que je me sens moins seule lorsque je lis tes articles :-)

    Bon, tout ce blabla est un peu long mais il fallait bien ça pour un premier commentaire sur ton blog :-)

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Oui, c’est exactement ça! On peut être heureuse de devenir maman, mais pas du tout d’être malade, isolée, et du coup déprimée. Et c’est ça qui, parfois, « coince » quand on essaie d’en parler aux gens. Merci du coup, je me sens moins seule aussi! :)

  • Claire (de Framboise & Papyrus - faire-part)
    juin 1, 2015

    Bien que très peu malade comparé à toi (des nausées ininterrompues pendant 3 à 5 mois seulement et pas vomissements, la fête!), je l’avoue, je n’ai pas aimé ça du tout…
    J’ai eu 8 grossesses pour 4 enfants vivants, j’ai commencé tout de suite par faire des fausses couches…
    Cela m’a semblé très anxiogène, je ne vivais pas les 3 premiers mois, ni les 6 derniers par la suite, puisque j’ai perdu un bébé à terme.
    La conscience aigüe de ne rien maîtriser, de ne pouvoir mettre mon bébé à l’abri, de porter une responsabilité qui me semblait écrasante m’a complètement gâché mes grossesses. J’aurais volontiers fait appel à une livraison par cigogne!
    Les personnes à qui j’en parlais ne m’ont pas jugée, mais avaient des remarques qui me semblaient étranges du type : « mais si tu n’aimes pas être enceinte, pourquoi tu fais des bébés?  »
    Ben, parce que j’aime élever des enfants et les voir grandir, par exemple?!!!
    J’ose espérer qu’on ne met pas des enfants au monde juste parce que c’est « tellement merveilleux » d’être enceinte, quand même!
    Au final, chacun a son ressenti, son histoire, qu’il faudrait respecter et accompagner au mieux, afin, comme tu le dis, que mère et enfant soient physiquement et psychologiquement le mieux possible.
    Le mieux, pour changer le regard des autres et inviter à la bienveillance, est sans doute d’en parler et de faire tomber cet -autre- tabou de la féminité…
    Merci à toi pour cela et plein de douceur pour ces jours d’attente de ta petite merveille <3

    • Urbanie
      juin 1, 2015

      Merci Claire!

      Oui, le deuil périnatal, en plus de grossesses peu « agréables » à porter, n’aide absolument pas! Il me manque aussi cette petite part d’insouciance qui viendrait alléger un peu le mal-être physique que je ressens en permanence. Compliqué quand on a peur de se projeter…

  • Die Franzoesin
    juin 1, 2015

    Je n’ai pas aimé ma grossesse non plus, pour des raisons à la fois semblables et différentes. Pour ma part, le fait que d’autres femmes m’en ai parlé avant, me disent que ça arrive, m’a aidée. A l’époque, j’avoue, ça m’avait étonnée aussi, qu’elles me disent « la grossesse, quelle horreur ». Mais une fois dans la situation, je savais que je n’étais pas seule dans ce cas et que ça ne ferait pas de moi une mauvaise mère ! Donc je dirais oui, on a le droit de se plaindre, et même le devoir, pour rassurer ses éventuelles futures comparses ;).

    • Urbanie
      juin 2, 2015

      Je suis à 100% d’accord avec toi (c’est d’ailleurs le sujet d’un article à paraitre demain sur Dans Ma Tribu): j’aurais aimé qu’on me prévienne que non, la grossesse peut aussi ne pas être un état de grâce. Le tout est de le dire avec bienveillance, sans faire flipper les nullipares; mais c’est vrai que j’aurais apprécié d’entendre un autre discours (parce que du coup ensuite j’ai beaucoup culpabilisé!).

  • Chat-mille
    juin 1, 2015

    Eh eh, c’est le deuxième article de toi que je lis aujourd’hui 😉 Tu es ma première (émotion), alors j’espère n’avoir pas fait de bêtises avec ton texte !

    En tout cas courage ! ON S’EN SORT (juré) (en tout cas, le bébé sort, ça c’est sûr). Et un autre parcours du combattant commence, mais qui n’a rien à voir avec celui-ci, les petites joies « pour compenser » sont beaucoup plus fortes !

    Et n’écoute pas les gens qui voudraient t’expliquer comment vivre ta grossesse. C’est ton histoire, tout t’appartient : les moments de grâce comme les grosses galères !

    • Urbanie
      juin 2, 2015

      Ouiiiiiiii je sais! :)

      C’est ce que je me dis parfois: je n’en suis qu’au début, il y aura ensuite le round 2 quand elle sera sortie!

  • enna
    juin 2, 2015

    Coucou! Moi j’ai eu une grossesse qui s’est très bien passée : coup de bol! Mais par contre les premiers jours/semaines/mois ont été beaucoup plus compliqués à gérer pour moi, je n’ai pas eu du bonheur rose et arc en ciel et les petits oiseaux qui chantent à la mater et en rentrant et je préviens maintenant toutes mes copines ou connaissances que ça peut être compliqué une fois le bébé arrivé mais on entend trop souvent des gens/des mères qui te disent « c’est que du bonheur!!! » et quand ça se passe mal, tu as l’impression d’être une mauvaise mère. Alors je compatis complètement avec toi et j’approuve : la mère peut-être heureuse d’attendre un bébé mais la femme/l’être humain peut ne pas supporter d’être mal et de souffrir… Des donneurs de leçons et des bien-pensants on en croise toujours mais un peu de compassion ne fait pas de mal quand même. Je te souhaite de ne pas trop souffrir et de vivre de beaux moments après (même si il faut deux mois pour ça aille bien… ça finit pas aller 😉

    • Urbanie
      juin 2, 2015

      C’est l’autre versant du tabou: la fatigue, l’épuisement maternel, se sentir dépassée par les premières semaines… j’en discute pas mal avec de jeunes mamans, et pour le coup, je suis préparée psychologiquement pour l’arrivée du bébé! je sais que ça peut arriver, et que si c’est le cas, je ne serai pas une mauvaise mère pour autant.

  • Flora
    juin 2, 2015

    je n’ai qu’un mois de grossesse à mon actif (fausse couche au 1et trimestre) et j’ai hâte de retomber enceinte mais je ne cache pas du tout le fait que ce mois de grossesse a été très long. Sans même être si malade, je trouve qu’on a le droit de dire qu’on aime pas être constamment épuisée ou de voir son corps changer (oh la joie des seins qui font un mal de chiens). Je n’ai pas peur de dire que je prendrai bien une livraison par cigogne aussi si j’avais l’option! mais en attendant je veux bien sacrifier mon corps pour mes enfants mais je refuse de mordre sur ma chique et de faire comme si tout allait bien et que j’avais « the time of my life »…

    • Urbanie
      juin 2, 2015

      La livraison par cigogne… ça me fait presque rêver ^^

      Je suis d’accord: je prends sur moi, le bébé est ma priorité absolue, je fais très attention à tout ce que je mange/ touche/ mets sur ma peau… tout ça ne me pose aucun problème! Mais je veux aussi pouvoir dire que parfois, je suis lasse et que c’est aussi difficile pour moi de sentir mon corps changer à ce point.

  • Croco
    juin 3, 2015

    Je dois dire que je t’admire beaucoup. J’ai eu beaucoup de nausées pendant mon premier trimestre de grossesse, et je dois dire que je n’avais qu’une peur : faire une fausse-couche et ne pas avoir le courage de recommencer ensuite. Heureusement pour moi, mon deuxième trimestre se passe beaucoup mieux. Je suis fatiguée, je dois me faire des injections tous les matins à cause de problèmes de coagulation, je ne vois les aspects bénéfiques des hormones sur moi (je n’ai d’ailleurs jamais eu les cheveux aussi secs), mais je n’ai plus de nausées, et je peux faire à peu près ce que je veux, y compris aller travailler en vélo ! Du coup, j’ai plutôt l’impression que ma grossesse se passe bien, et je n’ai plus du tout envie de me plaindre.
    Mais je comprends que l’on puisse avoir envie de s’exprimer sur son mal être quand la grossesse ne se passe pas bien, et je suis outrée par certaines réactions, notamment du corps médical qui semble souvent ne se soucier que de la santé du bébé !

    • Urbanie
      juin 11, 2015

      Ce que tu dis fait écho à une de mes craintes: si cette grossesse ci se termine mal, serai-je prête à recommencer… encore? Pas évident…

      Pour les cheveux: je compatis, j’ai été faire couper 10 bon cm la semaine dernière: une botte de paille, malgré tous les soins investis! Par contre ils poussent deux fois plus vite, ça compense un peu.

  • Mrs Smith
    juin 4, 2015

    Evidemment que tu as le droit de te plaindre si tu es mal! Je trouve incroyable quand « les gens » (je fais une généralité, ce n’est pas tt le monde) se permettent de juger l’état physique/émotionnel de personnes qu’ils ne connaissent nullement et dont ils ne partagent forcement pas la meme experience de vie – par essence différente pr chacun, comme tu le dis aucune grossesse n’est exactement la meme et les femmes qui sont passées par les memes difficultés l’ont aussi peut-être oublie. Il y a une citation anglaise qui dit “Be kind, for everyone you meet is fighting a battle you know nothing about” et je trouve cela vraiment approprie – avant de critiquer, juger, commenter, on devrait tous essayer de trouver l’empathie nécessaire pr essayer de comprendre les personnes autour de nous. Bon courage pour la suite de ta grossesse!

    • Urbanie
      juin 11, 2015

      J’aime beaucoup cette citation! je ne la connaissais pas du tout, mais elle sonne très juste!

  • Accalia
    juin 4, 2015

    Bonjour!

    Je suis tout à fait d’accord avec toi sur cet article. Il faut toujours être heureuse et rayonner quand on est enceinte. Sinon, on te regarde de travers.

    Je n’ai pas eu une grossesse de rêve. J’ai eu des contractions dès le 4ième mois, des douleurs un peu partout et surtout j’ai eu des nausées jusqu’à la fin. De la 4ième semaine jusqu’à l’accouchement, j’avais une gueule de bois phénoménal en permanence. Je me réveillais, 20 secondes plus tard, les nausées étaient là. Je m’endormais avec elles. Je ne pouvais presque rien manger, tout me révulsait, j’étais mal en permanence..
    . Et avec des contractions par dessus le marché! Mais je n’ai jamais réussi à vomir. Heureusement, je ne vomissais pas (même si parfois, j’avais juste envie de vomir pour aller enfin mieux un petit peu)

    Entre les personnes qui me disent « bah, ça passe pas ces petites nausées? C’est pas normal non? » les autres qui me font comprendre que « tu sais…C’est quand même très psychologique hein… » bref, c’est moi, dans ma tête et les âmes compatissantes qui me sortent « ah moi aussi j’ai eu ça les premiers mois, toujours envie de vomir le matin… » NON!!! Cela n’a rien à voir!

    Et les gens autour de moi avaient beaucoup de mal à accepter ma tête d’enterrement. J’étais ravie d’attendre un enfant mais pour moi, la grossesse, c’est un moyen, pas du tout une fin.

    La seule manière « d’améliorer » les commentaires des gens? Elle est arrivée toute seule quand on m’a appris qu’il y avait un souci de croissance et de manque de liquide amniotique durant le 2ième trimestre (celui où on est sensé être méga en forme et tout!!). Là, comme mon enfant était en danger, les gens ont bien mieux compris qu’il ne fallait pas prendre la situation à la légère…mais c’est tout de même triste d’en arriver là!

    Je te souhaite bon courage pour ces dernières semaines, tu tiens le bon bout là!

    • Urbanie
      juin 11, 2015

      Merci! :)
      J’ai eu un peu les mêmes réactions l’année dernière: quand j’ai perdu ma fille, les gens ont pris un peu plus au sérieux mes « plaintes ». Il est vrai que je trouve dommage d’en arriver là pour être enfin entendue. Mais je suis comme toi, j’ai parfois envie de hurler quand on me parle de « psychologie » au sujet de mes nausées, ou d’état d’esprit… mais c’est un peu notre lot commun à toutes: dés que tu commences à devenir mère, tu es jugée! je crois qu’on a pas fini avec ce genre de remarques 😉
      j’ai accepté maintenant de ne pas avoir la grossesse de mes rêves, et je te rejoins tout à fait sur le fait que la grossesse est pour moi désormais un moyen, et non plus une fin en soi!

  • Virginie
    juin 5, 2015

    Peut-être que les gens ne se rendent compte que lorsqu’ils ont vécu le pire avec un proche ? Pour ma part, je ne me suis sentie concernée par les grossesses de mes proches que le jour où ma belle-soeur a perdu son bébé, mon neveu. La grippe à Noël, son médecin traitant lui a dit « pas de problème », Nouvel An à l’hôpital pour inscription du p’tit loup en enfant décédé sur le livret de famille… Depuis ce jour, je suis davantage consciente des risques d’une grossesse et je prends très régulièrement des nouvelles de mes amies lorsqu’elles sont enceinte, qu’elles viennent d’accoucher, que leur bébé, leur enfant grandit. Quand je pose la question du « ca va ? » j’attends une vraie réponse et, si je sens que ça coince, je creuse pour faire sortir ce qu’elle a à sortir. Pareil, je suis plus attentive aux papas car, lors de ce malheur, j’ai été choquée de voir que tout le monde s’inquiétait pour la maman sans se poser la question du papa dans cette histoire, comme s’il ne pouvait pas être touché par cette perte. J’imagine bien que ce n’est pas la même souffrance mais, clairement, il y a aussi souffrance, faut arrêter de squizzer les papas.

    En tout cas, mon analyse sur tout cela est que, tant qu’on n’a pas été « touché » par des choses pas faciles, on ne se rend pas compte. C’est vrai que, avant, on m’avait toujours dit qu’une femme enceinte était épanouie, toussa toussa. Maintenant, je suis consciente que le monde des Bisounours est bien loin en réalité.

    Plein d’ondes positives pour que tout se passe bien pour toi, j’espère que tu tiendras le coup aussi après l’accouchement.

    • Urbanie
      juin 11, 2015

      Merci beaucoup Virginie!
      Oui, c’est vrai que, tant qu’on a pas été touchée (ou connu quelqu’un qui a été touché) par une grossesse difficile ou un drame, on a du mal à réaliser que la grossesse peut aussi, parfois, mal se terminer. Je comprends tout à fait ton point de vue. Pour le papa, oui, en effet… la maman est au centre de l’attention lorsque quelque chose ne va pas, mais j’ai également trouvé cela dommage que, parfois, les médecins ou l’entourage ne pensent pas à lui (il est papa, après tout!). On m’a encore dit récemment que, lors d’un deuil périnatal, c’était la mère qui souffrait… et ça venait d’une sage-femme! Là dessus, j’ai l’impression que les choses commencent à bouger (je vois autour de moi que les futurs papas sont de plus en plus présents lors des rdv médicaux de leur femme, de plus en plus investis aussi dés le début de la grossesse), et c’est aussi comme ça que leur place et leur souffrance seront reconnues. Même si cela prendra du temps.

  • Biermann
    août 12, 2015

    Bonjour, je suis enceinte, j’en suis a mon dernier trimestre et j’aurais aimé qu’on me dise qu’on pouvait mal vivre une grossesse que toutes les femmes n’étaient pas épanouis… J’avais toujours imaginé ma grossesse comme une aventure merveilleuse et que j’aurais adoré vivre. Mais je déteste être enceinte aussi, toutefois, j’ai hâte d’avoir mon enfant dans les bras. Je comprends pas pourquoi on ignore autant le mal etre des femmes enceintes. Je trouve que sur ce point la, on est mal prise en soin. Pour ma part, j’ai l’impression qu’on ne sait pas trop quoi faire de moi et qu’on se débarrasse de mes soucis en me conseillant des antidouleurs , des antispasmodiques (qui ne marchent pas sur moi) et du repos. Mais ou est la prise en soin psychologique dans tous ça??? Car il y a de quoi craquer.

    • Urbanie
      août 16, 2015

      Je suis assez d’accord… heureusement que j’avais mon blog pour me défouler parfois, sinon je crois que j’aurais craqué! Mais en effet, les médecins nous mettent sous médicaments, ne nous écoutent pas vraiment, et au final on se sent sacrément seules quand la grossesse est éprouvante! Tu as une sage femme à qui en parler? Parfois ce sont elles les plus à l’écoute… courage pour la fin en tout cas!

  • Milie
    janvier 16, 2016

    Salut!!

    Comme cela fait du bien de lire que d’autres femmes ne vivent pas une grossesse épanouissante.
    Pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal à tomber enceinte. Tout d’abord parce que mon mari est stérile, ce qui a nécessité de passer par l’insémination.
    Et ensuite parce que la 1ère et la 5ème insémination se sont soldées par des fausses couches très précoces (autours du 13ème jour).
    Là j’en suis à ma 6ème insémination qui a donc aussi fonctionnée, avec aujourd’hui 6 semaines de grossesse et 8 semaines d’aménorrhée.

    Lors de mes 2 fausses couches, c’est comme si mon corps luttais contre une maladie et tentait de rejeter un corps étranger nocif. C’était assez violent.

    Pour cette 3ème grossesse qui malgré tout à réussi à s’installer, je suis malade depuis le 7ème jour après l’insémination… autant dire dès le début.
    Les deux premières semaines de « maladie » j’arrivais encore à tenir debout et à gérer le travail. Puis heureusement, ensuite j’ai eu 2 semaines de vacances pour Noël car là ça s’est largement compliqué.

    J’ai repris le travail après les vacances et dès le 1er jour cela m’a semblé impossible (je suis directrice d’un établissement médico-social). Puis cela s’est confirmé. L’après-midi je faisais une crise de tétanie qui a duré plusieurs heures (après-midi et soirée). Une première pour moi!!!
    Je suis donc allée voir le médecin. Il était assez inquiet car il n’arrivait pas à me trouver un tension en étant assise. (L’hypotension c’est aussi une 1ere).
    Il m’a donc posé un arrêt de 15 jours dont je suis en train de voir le bout.
    J’ai passé la 1ere semaine complètement dans le brouillard tellement j’étais mal.
    Aujourd’hui j’ai déjà perdu 4 kg. Je n’arrive pas à m’alimenter convenablement car absolument tout me dégoute. Je me force donc à manger un peu. J’ai la nausée nuit et jour. Je souffre encore d’hypotension ce qui me fait dormir tout le temps et beaucoup alors que je suis normalement une petite dormeuse (5heures par nuit et une sieste de 15min me suffisent).
    Heureusement, je ne vomis que très rarement. Surtout que quand je commence à vomir, généralement je n’arrive pas à m’arrêter.
    Je n’ai plus envie de voir personne, et je n’en ai pas la force.
    Je sais déjà que la semaine prochaine je ne serai pas en capacité de retourner au travail tant je suis malade!!
    Au travail, mes 2 semaines d’arrêt on inquiété tout le monde (ils ne savent pas que je suis enceinte, sauf mon DG que j’ai informé pour qu’il comprenne dans quelle situation je suis). En fait, même avec une forte grippe, je ne suis jamais arrêtée plus de 3 ou 4 jours tant pour moi c’est difficile de m’arrêter. Je sais que quand je reviens le travail s’est accumulé!!!

    Pour ma part, mon médecin a été très compréhensif. Il m’a dit que je risquais malheureusement de vivre ainsi toute ma grossesse et que je devais absolument me reposer.

    Vu le parcours du combattant par lequel je suis passée (5ans pour tomber vraiment enceinte et de très lourds traitements), personne ne peut dire que cet enfant n’est pas désiré.

    Bref… j’attends la fin de mon 1er trimestre avec impatience pour aller mieux.
    Je voulais plusieurs enfants, mais là je pense que si j’arrive à mener ma grossesse jusqu’au bout, ce sera un enfant unique. Et si je le perds… je ne sais pas si j’aurai la force de retenter l’expérience. Pourtant c’est une vrai souffrance de ne pouvoir avoir d’enfant.

  • Isabella
    août 26, 2016

    Ah génial!

    Je suis tombée par hasard sur ton blog (enfin si le hasard se trouve dans ma recherche « deuxième trimestre et fatiguée »). Parce que oui à entendre toutes ces mamans ou ces futurs mamans qui disent que le deuxième trimestre et le plus beau et ou tu sens le plus épanouie. Et bien dans ces affirmations, Je me sens exclue et du coup j’avoue, j’essaye de trouver de quoi me rassurer auprès d’autres femmes qui ne vivent pas le deuxième trimestre comme un moment magique. Je n’ai pas envie non plus de me plaindre, Parce que c’est certain le premier trimestre fut vraîment difficile et éprouvant alors je suis consciente que je dois me réjouir de vivre celui-ci beaucoup mieux. Mais malgré tout, les nausées sont persistante, la fatigue handicapante et du coup le moral n’est pas au beau fixe ( alors que je suis aussi une personne optimiste et persévérante).
    Alors oui cet article me touche tout particulièrement parce que oui, il est mal vu de se plaindre quand on est enceinte et Ca tu le comprends très vite avec les remarques de tes proches ( oui Parce que déjà quand tu oses te plaindre un peu, en général, c’est à tes proches les autres tu leurs souris et tu dis que tout va bien!). Les femmes les plus compréhensives sont celles qui n’ont pas encore d’enfant et ne sont pas enceinte. Mais même si ça te fait du bien de leur parler, tu réalises vite que tu dois t’arrêter si tu ne veux pas leur faire peur et risquer d’avoir une quelconque responsabilité dans leur choix futur de ne pas avoir d’enfant!

    Enfin voilà, le premier article m’a donne envie de voir ce blog, j’ai déjà dévoré quelques articles, je m’en laisse d’autres pour plus tard. Je n’ai pas encore lu ton présent, je ne suis qu’au 1 juin 2015 de ton histoire de vie. Mais en défilant les pages j’ai pu voir que de ta grossesse s’en est découlée une merveilleuse petite fille. Toutes mes félicitations.

    • Urbanie
      septembre 3, 2016

      Merci, et bon courage à toi pour la suite! :)

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