Deuil périnatal Je raconte ma vie

En vrac (littéralement)

7 octobre 2018

Merci à toutes et à tous (???) pour vos gentils messages suite au dernier billet. Je vous avais dit que ça irait mieux, c’est le cas, je suis juste passée par une phase du deuil hyper connue, mais bien reloue: la bien nommée « je te fais reculer pour mieux avancer ».

Donc grosso modo, c’est un passage quasi obligé du deuil: tu passes par une phase semi-dépressive (alors que t’avais l’impression de plutôt bien gérer le truc jusque la) (HAHAHA) pour, ensuite, reprendre sur des bases plus stables, où, à nouveau, l’envie de revoir le soleil et de chanter du Lara Fabian refait surface (oh, wait…).

 

Pour le poser comme suit, et si je devais décrire le truc de façon un peu imagée: sur le moment, tu te croirais dans une chanson de Simon & Garfunkel, tu chantes « hello darkness my old friend » en ingurgitant l’intégralité de ce qui se mange dans ton placard (pourvu qu’il y’ait du gras), ton seul projet de vie, c’est de te fossiliser dans ta couette avec une intraveineuse de Milka, et de ne plus jamais en bouger. Tu te mates la rediff de « 13 reasons why » sur Netflix (mais ça marche avec n’importe quel film triste ou méchamment déprimant: The bridges of Madison County, Festen, Dancer in the dark, Bambi…), et tu pleures.

Sans raison. Tu pleures devant les infos, tu pleures devant une pub dans le métro, tu pleures en allant et coucher, tu pleures en te brossant les dents. Comme tu fais semblant d’aller bien en société (s’agirait de garder ton boulot et un semblant de vie sociale), le retour de bâton est d’autant plus violent quand tu rentres chez toi le soir, puisque tu lâches les vannes lacrymales. Tu fais flipper tout le monde, ton mari, ta femme, ton chat, tes bégonias. Voila, c’est pas drôle, pas drôle du tout même, mais ça purge et ça fait du bien

Quoi qu’il en soit, je savais que ça irait mieux, vu que j’étais déjà passée par la il y’a 4 ans. Comme le chantait cette brave Lara Fabian (encore elle), « j’y crois encore », donc je n’avais pas vraiment perdu tout espoir de retrouver le moral assez rapidement (rien à voir, mais tant qu’on y est: pendant des années, j’ai cru qu’elle chantait « Jy crois encore/ on est vivants tant qu’on est morts » – je vous dis pas à quel point je trouvais ces paroles connes, mais venant d’une nana qui s’est fait connaitre en hurlant des Je T’aime à tout va, j’étais pas non plus si étonnée que ça. J’ai eu une épiphanie il y’a peu seulement: et si c’était « forts », et non pas « morts »? Voila: on est vivants tant qu’on est forts. Ca ne vous transforme pas la chanson en un texte de Ferré, mais ça redonne quand même un peu de sens  au machin).

 

Oui Lara, moi aussi ça m’a fait rire.

 

 

Sinon, vous allez vous moquer, mais je me présente aux élections de parents d’élèves de l’école de Kate. Alors il faut le voir pour me croire, vu que j’ai passé les 6 mois précédant la rentrée à crier à qui voulait bien l’entendre (pas grand monde, donc) que JAMAIS au grand JAMAIS vous ne me verriez sympathiser avec d’autres parents d’élèves. Aucune envie de me coltiner les mères-la-commères, les râleurs finis qui chipotent sur la qualité du PQ des chiottes scolaires, les parents parfaits qui te font culpabiliser à 8h28 de pas être au niveau, les mous du genoux, les géniteurs de tyrans (et fers de l’être). Aucune envie de devoir faire semblant de socialiser un minimum face à des personnes avec lesquelles je n’ai rien en commun devant un Savane à moitié rassis et un verre de Banga tiède.

Vraiment, parents d’élèves pour moi c’était un supplice auto infligé par une bande de parents masochistes ou assoiffés de pouvoir. Moi, je me voyais déjà arriver en catimini le matin pour poser Kate sans demander mon reste à personne.

Et puis la rentrée est arrivée, et force est de constater que je suis larguée. Je ne pige presque rien de la vie de l’école, on me balance des acronymes à la figure à longueur de journée, je découvre de nouvelles règles chaque semaine, et j’ai l’impression parfois d’avoir basculé en Absurdie totale, tant certaines consignes semblent littéralement tomber du ciel (« ben vous étiez pas à la réunion de pré-rentrée? » – si, mais en fait cette info la ne nous avait jamais été donnée, alors bon…). Et les seules personnes qui ont pu me renseigner un minimum, oui, les seules, je vous le donne dans le mille: les représentants des parents d’élèves. Qui compatissent et qui m’expliquent. Grâce à eux, je me sens déjà moins perdue, et j’ai donc assez naturellement rejoint le mouvement. Les élections auront lieu cette semaine, donc je vous dirai assez rapidement si je suis élue, ou non. Et dans tous les cas, je rejoins le bureau de l’association de parents d’élèves locale, donc je sens que j’aurai des trucs à vous raconter.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui (et pour un lundi, c’est déjà pas si mal). Je vous dis à très vite, et d’ici la, passez un bon début de semaine!

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2 Comments

  • Reply CéciliAcidulée 8 octobre 2018 at 21 h 12 min

    Bravo pour ton engagement scolaire !
    Et rassure-toi, tu n’es pas la seule à t’être viandée dans la compréhension des chansons de Lara Fabian (je suis la reine du yaourtage pour ça^^)
    Bonne soirée
    Cécilia

  • Reply Nathalie 14 octobre 2018 at 13 h 16 min

    Merci de parler de tout cela, les hauts comme les bas.

    Et hâte d’avoir ton retour sur le boulot de parent d’élève ou membre du bureau, avec le zeste d’humour que j’apprécie dans tes écrits !

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