Deuil périnatal: mes 3 petits conseils à l’entourage

A l’occasion de la journée de sensibilisation au deuil périnatal qui s’est tenue aujourd’hui, je me suis dit que faire un petit article de conseils pour aider les proches à accompagner un parent endeuillé ne pourrait qu’être utile. J’en avais proposé un en 2014, en pleine crise, et s’il est toujours d’actualité voici ce que j’aimerais ajouter pour le compléter. Avec un peu plus de recul (et une nouvelle grossesse depuis).

 

Ne tentez pas de précipiter les choses

Lors d’un drame, et à fortiori d’un deuil, nous passons tous par une série de phases qui nous sont absolument indispensables: indispensables, parce qu’elles font partie d’un processus, comme les rouages d’une machine qui se met en marche. On ne peut avancer en grillant les étapes, on ne peut arriver au bout de ce long processus qu’est le deuil sans en avoir expérimenté toutes les facettes. Ce n’est tout simplement pas possible d’être triste 5 jours, puis d’aller de l’avant comme si de rien n’était.

Dire à une mère qui s’apprête à accoucher de son bébé mort-né qu’il faut « passer à autre chose » (comme cela m’est arrivé, et pourtant j’ai été traitée à l’hôpital avec toute la bienveillance humainement possible) est un non-sens. On ne peut tout simplement pas passer à l’étape d’après tant que nous n’en avons pas terminé avec le moment présent.

On ne peut, de même, cesser d’être triste sur une simple injonction (même partant d’un bon sentiment). On a aussi le droit de ne pas avoir envie d’être fort(e) le temps du deuil.

Le deuil, ça prend du temps, tout simplement.

 

N’ayez pas peur

Je vais faire ma Jean-Paul II (un petit côté souverain pontife qui doit sommeiller en moi ^^), mais je pense que ce passage là est très important.

Je sais que vous avez peur. Peur de ne jamais nous voir nous relever. Peur d’écoper d’un proche en train de larmoyer toute la journée à vie (l’angoisse, nous sommes d’accord…). Peur de nos réactions qui vous paraissent parfois irrationnelles. Peur d’un malheur que vous ne savez pas du tout comment gérer. Peur de ce qui nous est arrivé, aussi. Oui, la mort d’un bébé est un événement effrayant tant il est absurde. Il n’y a pas plus terrifiant que ce qui n’a pas de sens.

Votre peur, elle est légitime. Mais vous devez nous faire confiance. Parce que l’être humain est résilient, si on sait lui laisser le temps de reprendre ses marques, si on sait l’accompagner avec bienveillance aussi.

Que faire alors?

Faire « comme si » rien n’était arrivé est tentant, mais ce n’est pas une solution. Donc accompagnez-nous, tout simplement. Soyez présents. Ne tentez pas de nous rassurer à tout prix, soyez là, tout simplement. Promis, nous saurons nous en relever.

 

Ne faites pas semblant

Je l’avais déjà dit, mais ce qui me fatigue le plus 3 ans après, c’est de devoir faire « comme si ». Comme si je n’avais eu qu’un seul enfant, alors que je pense très fort « non, deux! » à chaque fois qu’on me pose la question. Médecins, amis, collègues: même combat. Faire semblant, croyez moi, c’est épuisant. Donc parfois je me lâche, je dis la vérité: « j’ai eu deux bébés ». Les réactions sont rarement violentes ou déplacées cela dit, souvent les gens accueillent ce que je dis avec neutralité, ou bienveillance. Donc j’imagine que c’est aussi à moi de faire l’effort de ce côté là: essayer d’arrêter d’épargner les autres (le monde à l’envers, n’est-ce pas?) pour redonner sa place à ma première fille. Donc ce conseil là, je vous le donne à tous en fin de compte: ne faites pas semblant que vous soyez proches, ou parents endeuillés. Nos bébés ne méritent pas ça, n’est-ce pas?

 

Et vous? D’autres conseils à proposer? Des questions pour accompagner au mieux vos proches?

2 Comments
  • Lili
    octobre 16, 2017

    Tes mots résonnent juste comme à chaque fois. Et que le 3eme point est le plus difficile: ne plus ménager les autres mais se ménager soi
    Merci Urbanie

  • Maman Sur Le Fil
    octobre 16, 2017

    De jolis mots…. Je pense aussi que la crainte de parler de 2 enfants est aussi liée à la peur de devoir faire face aux questions des interlocuteurs, parfois mal placées ou maladroites… Une façon de se protéger

    Virginie

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