Deuil périnatal Je raconte ma vie

Des hauts, des bas

2 octobre 2018

Cela fait quelques articles que j’écris un peu sur tout et n’importe quoi, de préférence avec une tonalité humoristique. Il se passe de belles choses dernièrement, mon article sur la fête d’anniversaire a été repris par le Huffington Post, je me lance dans plusieurs projets personnels en dehors du boulot (qui lui même, se passe plutôt bien), bref, tout roule dans le meilleur des mondes.

Sauf que ce serait oublier mon IMG de janvier dernier, ce serait oublier l’attente,  les doutes, les questions qui reviennent encore et encore frapper dans un coin de ma tête à chaque fois que je fais l’autruche.

« Et si? »

« Et si nous avions tort de nous obstiner? »

« Et si les tests génétiques ne trouvent pas la maladie dont nous sommes porteurs? »

« Et si le don d’ovocyte était une très mauvaise idée? »

 

Voila, nous sommes en octobre, presqu’une année s’est écoulée, et je ne vous cache pas que j’ai parfois la sensation que rien n’avance, que nous en sommes réduits à attendre, que nous restons bloqués dans nos projets. Loin de moi l’idée de vous faire croire que je suis une warrior qui n’en chie pas des ronds de chapeau de temps à autres – oui, ce qui nous est arrivé est grave, et oui, il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à mes filles. Et ces derniers temps, cette sensation de pesanteur, d’immobilisme, s’est faite de plus en plus pressante. Alors il y’a l’arrivée de l’automne (pourtant ma saison préférée), il y’a la perspective de l’année qui s’achève sans que nous y voyions beaucoup plus clair. Il y’a la vie qui suit son cours alors que, parfois, j’aimerais simplement me terrer sous ma couette. Mais voilà, il parait qu’il faut mettre un pieds après l’autre pour avancer, alors c’est ce que j’essaie de faire.  C’est juste que certains jours sont un peu plus douloureux que d’autres. C’est juste que j’aimerais parfois que les choses soient un peu plus simples.

 

Bref, ça ira mieux demain, mais il me semblait important de partager aussi ces moments un peu plus compliqués avec vous. Parce que le deuil périnatal est un chemin chaotique, tortueux, terriblement long et péniblement sournois. Parce que je ne veux pas vous renvoyer un image erronée de moi, ni de la façon dont je vis tout cela. Parce que de l’extérieur, je pense que tout le monde s’imagine que je suis passée à autre chose, alors qu’il n’en est rien. Parce que nous avons tous aussi le droit d’avoir notre part d’ombre et de lumière, et que les blogs ne sont pas faits que pour montrer le côté instagrammé des choses.

Bref, je reviens bientôt, mais rassurez-vous: ça ira mieux demain.

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9 Comments

  • Reply Muriel S. 2 octobre 2018 at 22 h 15 min

    Juste plein de douces pensées à vous 🙂

  • Reply Ségolène 2 octobre 2018 at 22 h 23 min

    Je n’ai pas vécu d’IMG et je ne me permettrais pas d’écrire que j’imagine ce que tu ressens. Néanmoins, j’ai vécu l’attente, les doutes et les hauts et les bas de la PMA (6 ans pour faire un enfant dont 4 en PMA, la route a été très très longue et compliquée) alors je te dirai simplement de prendre soin de toi et que je pense à vous 3.

  • Reply Lisa 2 octobre 2018 at 22 h 54 min

    Bonsoir,
    Je comprends cette difficulté à te projeter avant d’avoir eu des réponses précises à vos questions et pour pouvoir envisager sereinement une nouvelle grossesse. Les hauts et les bas : comment pourrait-il en être autrement après ce que tu as vécu et l’attente actuelle que tu subis… Une phrase a fait écho en moi : celle où tu écris qu’il n’y a pas un jour sans que tu penses à tes filles. Je pense moi aussi très souvent à ce petit bébé qui n’a pas vécu au-delà de la 22ème de grossesse. Pourtant deux ans et demi après mon accouchement, je suis l’heureuse maman de jumeaux. Malgré tout, cette perte reste présente en moi, m’habite au milieu de mon bonheur actuel.
    Je vous souhaite très vite des réponses rassurantes à vos questions.

  • Reply Marie 3 octobre 2018 at 13 h 28 min

    Chère Urbanie, j’ai moi même perdu ma fille à la naissance âgée de 10 jours d’une leucémie il y a seulement trois mois. Oui, il existe des leucémies qui se déclarent in utero, 1 cas par an, jackpot hein ? Je ne me retrouve pas dans les témoignages de la plupart des forums consacrés au deuil périnatal à part le tien. Car je vois une jeune femme qui refuse d’être la victime de ce qui lui arrive, qui est optimiste, qui arrive à voir ce qui reste de bon et de positif autour d’elle …… et ça me fait juste un bien fou.
    Je viens de retourner au travail. J’essaie de sourire et de dédramatiser aussi. Ce qui nous est arrivé ne nous définit pas. Cela ne veut pas dire que les moments douloureux ne sont pas présents, au contraire. Je pense à ma fille chaque seconde qui passe. Mais je crois que les optimistes ont aussi quelque part une pudeur du malheur et une sorte de dignité dans les épreuves. Et parfois, on peut avoir peur que certaines personnes pensent que nous ne nous rendons pas compte nous même de la gravité de la situation. Nous avons peur que l’on oublie ce que nous traversons derrière ce sourire et cet optimisme forcené. Alors soi rassurée. Ton ton joyeux, tes articles futiles parfois, ou autre sont simplement le reflet de ta force de caractère. Et pour celles qui comme moi ont besoin de modèles pour traverser une telle épreuve, sache que cela nous donne de l’espoir et l’envie de nous dépasser que de voir que l’on peut avoir une vie normale après cela, avec comme tu dis, sa part d’ombre et de lumière. Mais qui n’en a pas ?

  • Reply Madame Bobette 3 octobre 2018 at 17 h 35 min

    Plein de pensées pour vous. J’espère que vous aurez vite les réponse que vous attendez! Bon courage

  • Reply petitsruisseauxgrandesrivieres 5 octobre 2018 at 6 h 12 min

    A vous toutes les mamans qui portez dans votre cœur des enfants invisibles pour les autres… <3 <3 <3

  • Reply britmelbloom 15 octobre 2018 at 11 h 38 min

    Bonjour,
    J’ai vécu une fausse couche en juin. Et il est vrai que c’est un processus très étrange. Juste après l’opération, j’ai été prise par un regain d’énergie où j’ai fait plein de choses chez moi. Les vacances se sont passées.
    J’ai eu mon vrai contre-coup mi-aout jusqu’à fin septembre. Au moment où personne ne s’y attend et encore moins ton conjoint. Ça revient par vague et c’est difficile à gérer. Ah si tout pouvait être plus simple…

    • Reply Urbanie 15 octobre 2018 at 11 h 54 min

      Les fameuses montagnes russes… c’est très déstabilisant à vivre sur le moment, mais ça finit par passer, c’est promis. <3

  • Reply Bonjoourmarie 12 novembre 2018 at 15 h 17 min

    L’attente …. C’est ce qui est le plus dur ! Je me reconnais tellement dans tes mots.
    Courage !
    Marie.
    http://www.bonjoourmarie.com

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