C’est quoi au juste, « bloguer »?

J’ai lu dernièrement un article de Babillages (qu’on ne présente plus), qui parlait de sa vie de blogueuse. Je l’ai vraiment trouvé très intéressant, parle qu’elle dévoile un peu les coulisses de sa vie professionnelle. Cette fille a 10 000 fois plus de lecteurs que je n’en aurai sans doute jamais, et surtout, son blog est devenu son métier, ce qui est loin d’être mon cas.

Je vais donc te proposer le point de vue de la blogueuse pour qui le blog est un « hobby ».

 

Pourquoi est-ce que je blogue?

Je me pose cette question à peu près… tous les jours. Pourquoi bloguer quand tant d’autres blogs existent déjà? Pourquoi écrire sur les mêmes sujets, déjà abordés environ 1587 fois sur la blogosphère?

Parce que j’ai quelque chose à dire, d’un peu différent des autres. Bloguer, c’est être un peu mégalo: c’est penser que ce que l’on a à raconter est unique en son genre. Et que surtout, des gens vont vouloir t’écouter déblatérer sur les touristes relous quand tu voyages à l’étranger.

Mon cas reste cependant un peu particulier, puisque j’ai décidé de bloguer pour me changer les idées après mon hospitalisation: j’avais besoin d’un  projet à moi, de quelque chose de constructif pour me projeter dans l’avenir. Là-dessus, pour le moment, c’est plutôt très réussi!

 

Comment est-ce que je choisis mes sujets?

Ce n’est pas évident d’alimenter un blog sur le long-terme, loin de là. C’est même ce que j’identifierais comme la première grande difficulté de la blogueuse: avoir toujours quelque chose à raconter. Les blogueuses aussi ont l’angoisse de la page blanche!

Si tu me suis régulièrement, tu sais que je pioche dans mon quotidien pour trouver des idées d’articles. Ça va être le moment un peu narcissique de la blogueuse qui pose en bas de chez moi. Ou encore un coup de cœur littéraire, ou un produit de make-up que j’ai franchement adoré. Bref, je prends ce qui m’inspire et surtout… je le note quelque part! Parce que je ne suis pas toujours derrière mon écran d’ordinateur quand je trouve une idée de sujet, donc il est très important d’en garder une trace.

Comme je ne peux pas être bénie par les lumières wordpressiennes de l’inspiration toute la journée, j’ai également mis en place quelques chroniques, qui reviennent régulièrement et m’aident à alimenter le blog. Je te parle donc de mon régime post-grossesse, mais aussi de ce qui me fait kiffer.

Parfois j’aborde des sujets mille fois plus personnel, comme la mort de mon bébé. Dans ce genre de cas, je le fais parce que j’éprouve le besoin d’en parler: c’est une forme de thérapie, très personnelle. Et parce que je me dis que mes articles sauront toucher d’autres parents en détresse. J’ai envie de dire à ces parents endeuillés que l’on peut s’en sortir, malgré la douleur.

 

Quand est-ce que je blogue?

La seconde grande difficulté, c’est de prendre le temps de raconter. Or, tu auras sans doute remarqué qu’ici je fais très attention aux détails: la ponctuation, l’orthographe, le style d’écriture. Je suis ce qu’on appelle un « blog d’humeur », c’est à dire un blog sur lequel je raconte ce qui me passe par la tête, et cela implique de facto d’écrire « bien ». Mon blog ne repose pas sur des tests de produits de beauté, ni sur de belles photos de mode ou de voyage, mais presque exclusivement sur ce que j’écris. On ne me demande pas de pondre un Goncourt, certes, mais si je me met a écrire comme sa franchemen tu va vite te lassé.

Et puis il y’a tout ce qui entoure l’écriture, comme trouver (ou prendre) la jolie photo qui va illustrer ton article.

Donc pour ça, pas de secret: il faut se réserver des créneaux uniquement dédiés au blog. Personnellement, je rédige mes articles le weekend et je les programme. Le reste de la semaine, je me contente de répondre aux commentaires (j’essaie de répondre à tout le monde) et de faire vivre le blog sur les réseaux sociaux ce qui est déjà bien chronophage en soi, surtout avec un travail qui me passionne à côté.

Il y’a des soirs où, franchement, je n’ai pas envie de me coller derrière un écran d’ordinateur après avoir passé la journée…. derrière un écran d’ordinateur. Du coup, j’essaie de faire ça le matin, avec mon café (et mon chat), quand mon mari dort encore.

Est-ce que je n’ai pas peur de m’exposer ainsi?

Oui, forcément. On est sur internet, donc à la merci de tous, et je me doute qu’il existe sans doute des esprits chagrins qui viennent ici pour nourrir leur aigreur. Mais je n’écris pas pour ces gens-là: ils ne m’intéressent pas, et je refuse de me censurer à cause d’eux.

En revanche, j’ai conscience des dangers d’internet, c’est pour cela que je reste suffisamment évasive sur beaucoup de choses. Par exemple, je ne m’appelle pas vraiment Urbanie (mais ça, tu l’auras sans doute compris). Je ne te parle pas de mes proches, ni (et surtout pas!) de mon travail et de mes collègues. Je fais également très attention à préserver quelques « flous » lorsque j’aborde des sujets personnels. J’ai tendance à penser que l’on peut parler de tout, mais qu’il n’est nullement nécessaire de rentrer dans les détails pour toucher les autres.

Autre élément important pour comprendre ma démarche: ici, c’est mon blog, mon espace, que je veux positif et bienveillant. Si je repère un jour quelqu’un de mal intentionné, je n’aurais aucun scrupule à le bannir des commentaires. Cela ne veut pas dire que je supprime les critiques, bien au contraire: je les trouve toujours constructives, et tout le monde a le droit de s’exprimer. Cela nourrit le débat, et j’adore ça! Mais, pour en avoir déjà été victime, je refuse de laisser cet espace se faire envahir par de l’agressivité purement gratuite: on est pas ici pour régler nos comptes avec la terre entière, bien planqués derrière nos écrans d’ordinateur. Si je veux tomber sur des gens qui ont juste envie de se défouler sans raison… je prends le métro, et ça me suffit déjà bien assez!

Voilou, tu sais (presque) tout!

11 Comments
  • mes petits secrets beauté
    novembre 3, 2014

    Bonjour Urbanie,

    Moi aussi mon blog est un hobby, un échappatoire à la routine.
    Continue d’écrire. J’aime bien lire tes articles…

    Bonne chance pour la suite et surtout bonne semaine

    http://mespetitssecretsbeaute.blogspot.fr/

    • Urbanie
      novembre 3, 2014

      Merci! :)

  • Eva
    novembre 3, 2014

    et là je découvre avec ébahissement que tu ne t’appelles pas vraiment Urbanie…mais dis moi, tu as vraiment un poney qui pète des paillettes, ou c’est aussi pour de faux??

    • Urbanie
      novembre 3, 2014

      Ah nan, mais le poney qui pète il existe pour de vrai! 😉

  • Madame Médicis
    novembre 3, 2014

    Pour ma part il y a deux choses que je trouve difficiles : avoir le temps d’écrire et établir une limite à ce que je peux dire ou non.
    Il ne faut pas dire des choses qui mettraient dans l’embarras des proches. Bien évidemment ça renvoie à des événements ou éléments qui les concernent directement mais aussi à des événements qui ne concernent que moi mais pourraient les gêner de voir divulgués.
    Il y a aussi les choses que j’aimerais raconter mais je me censure de peur de tomber dans la diffammation. Je trouve ça dommage car, dans ces cas-là, les lecteurs gagneraient pourtant à être au courant.
    Bref, je suis en pleine reflexion tu l’auras compris.

    • Urbanie
      novembre 3, 2014

      Oui, je vois exactement ce que tu veux dire: parfois tu as des choses à raconter, mais qui peuvent blesser des proches. Ou tout simplement te faire risquer un bon gros procès pour diffamation…

      Dans ce cas, je choisis soit de ne pas en parler du tout (ça règle le problème, même si c’est très frustrant) soit de tourner ça sous un autre angle, plus « universel », qui du coup touchera plus de monde (comme ici: http://www.mademoiselle-dentelle.fr/bilan-emotionnel-contraste-mariage/ – en vrai si j’avais raconté le pourquoi du comment dans cet article, ça aurait été difficile à gérer ensuite parce que je me serais sans aucun doute pris un procès aux fesses! ^^ ). Dans le fond, des futures mariées dont les proches pètent un câble, il y’en a des wagons, je n’ai pas besoin de rentrer dans les détails de qui a fait quoi pour que les lectrices comprennent.

      Je me demande aussi souvent quelle image de moi j’ai envie de renvoyer: et je ne veux pas être la blogueuse qui règle ses comptes. Je vais donc m’autoriser éventuellement quelques allusions, mais sans rentrer dans les détails!

      Et puis dans le cas dont tu me parles, en effet parfois il faut se contraindre à ne pas parler pour se protéger, même si cela pourrait pourtant être utile à d’autres. Bref, il n’ya pas de « bonne réponse » ou de solution idéale!

      • Madame Médicis
        novembre 4, 2014

        Merci pour ta réponse.

        Je pense à plusieurs choses, très différentes les unes des autres d’ailleurs. Ce qui fait que j’ai des brouillons dans tous les sens, ne sachant qu’en faire. Je vais essayer de méditer ce que tu dis sur l’image que tu veux renvoyer de toi. Il est évident que je ne veux pas non plus être dans la catégorie des blogueuses qui règlent leur compte mais ça me gêne de passer sous silence une situation sur laquelle j’aurais des conseils à donner pour y faire face. Pour le moment ma position c’est d’en parler mais sans citer nominativement les personnes concernées.

        Concernant les événements qui ne touchent que moi mais que mes proches n’aimeraient pas forcément voir abordés, je tiens à ce qu’il y ait un intérêt pour les lecteurs. Raconter des événements tristes de sa vie juste pour se lamenter, même si ça peut avoir un effet cathartique, ne sert pas à grand chose selon moi. La hauteur de vue me semble toujours nécessaire. En tout cas c’est ce vers quoi je veux tendre et c’est ce que tu fais très bien je trouve.

        • Urbanie
          novembre 4, 2014

          C’est gentil! :)

          Je comprends tout à fait ce que tu dis, je me pose la question aussi à chaque fois que je veux aborder un sujet très personnel: est-ce que, dans le fond, ce que je raconte sert juste à me défouler? Ou est-ce que j’ai quelque chose à apporter?

          Mais ça n’est pas évident, et ça nécessite une remise en question quai-permanente!

  • Eclectik Girl
    novembre 3, 2014

    je me reconnais assez dans ta description de la bloggeuse, mais j’avoue que j’ai du mal a me fixer des plages horaires dédiés.
    Dès que je suis sur l’ordi a la maison, c’est lié de près ou de loin au blog !
    Dans le bus, aussi, car c’est là que j’écris la majorité de mes articles …
    Et j’ai toujours un recoin de ma tête occupé par ce que je vais pouvoir raconter sur mon blog …
    *ca vire à l’obsession là, nan ?*

    • Urbanie
      novembre 3, 2014

      Du coup comment tu fais pour écrire dans le bus? via ton smartphone? Ca m’intéresse! J’admire, j’en serais incapable! :)

      C’est déjà un joli foutoir pour moi d’aller récupérer mes photos dans tel dossier, de remettre en page le brouillon rédigé sous word, etc, etc… mais je ne suis pas la blogueuse la plus organisée du monde!

      Et je te rassure, ça vire aussi un peu à l’obsession chez moi aussi! :)

  • Eleama O.
    novembre 11, 2014

    J’adore lire les gens parler de leur blog… Il y a toujours une foule de détails qui se recoupent, où on se retrouve (presque) tou-te-s et d’autres intimes qui se dévoilent en transparence. Derrière chaque blog, il y a une histoire touchante, un drame, un rêve, et je trouve ça beau. :)

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