Achat immobilier Je raconte ma vie

Assurément

4 août 2020

C’est une drôle de période – ce sont les mots qui me viennent en tête quand il s’agit de décrire cet été qui se déroule comme si de rien n’était. Je n’ai pas vu le printemps passer – et pour cause – et je suis en train de voir cet été me glisser littéralement entre les doigts.

Entre autres couilles dans le potage, il y’a ce projet d’achat d’appartement, que nous tentons de mener vaille que vaille depuis mars – cherchez pas: le couple qui s’est lancé dans la visite d’apparts le 2 mars: c’est nous. Le sens du timing, comme on dit. Nous avons trouvé, mais on enchaine les emmerdes à une cadence qu’un scénariste de Melrose Place ne renierait pas (sans déconner: j’ai de la matière pour le scenario d’une série télé sur 3 saisons en espagnol  –  « La Casa del Bordel », bientôt sur vos écrans).

Ça commence en douceur, chez le courtier. On remplit des questionnaires médicaux simplifiés, qu’on renvoie à l’assurance et à la complémentaire. On se rend compte mi-juillet que  la plateforme qui gère l’assurance et la complémentaire a intervertit nos dossiers. Bilan: 3 semaines de perdues, et des questionnaires médicaux à refaire remplir depuis le début (1ère visite chez la généraliste).

Ça continue encore et encore (c’est que le début, d’accord d’accord) avec l’assurance de prêt qui change d’avis 3 fois dans la semaine. Littéralement: selon la personne qui se connecte pour gérer mon dossier, les requêtes que je reçois pour compléter le traitement de notre demande ne sont pas du tout les mêmes.

Le lundi, on me demande un questionnaire de santé relativement light, signé par la généraliste (2e visite). Le mercredi, je me connecte pour poster le document scanné en ligne et , ô surprise: il me faut désormais fournir un bilan sanguin complet et un questionnaire médical tellement exhaustif que ça commence désormais à me chatouiller très fort du côté du droit à la vie privée. Retour chez la généraliste (3ème visite), à me faire palper la thyroïde, les seins, et tout ce qu’il y’a de potentiellement palpable au niveau de l’anatomie humaine. A tenter de me souvenir de l’intégralité de mes examens médicaux depuis aout 2010. A renseigner des questions relativement absurdes, comme la quantité d’alcool bue chaque jour – la case « mojitos occasionnels le samedi soir avec les copines pour bitcher sur la terre entière » n’existant visiblement pas dans le monde chamarré et pourtant hautement caustique des assurances de prêt. A la place: soit tu bois, et c’est tous les jours (non). Soit tu ne bois pas. Du tout. Alcoolique sinon rien, donc.

Me revoici donc sur le site de l’assurance de prêt, prête à re-scanner mes 15 pages de documents avant de réaliser que… la demande a de nouveau été modifiée. On ne me demande plus le formulaire sur ma santé physique, mais un tout nouveau sur la santé mentale.

Retour chez la généraliste (4ème visite), que je commence désormais à appeler par son prénom (« Salut Flora, ça gaze? »).

Bis repetita: « Souffrez-vous de schizophrénie, de troubles de la bipolarité, de psychose, de dépression sévère ayant entrainé une tentative de suicide? Avez-vous été hospitalisée en psychiatrie au cours des 10 dernières années?« . Rien qu’à lire les questions, j’ai envie de m’assommer à coup de stéthoscope. Ou de boire un mojito (tout se recoupe). Le questionnaire d’évaluation psychiatrique est tellement complet que c’est limite si on ne me demande pas si je parle à mes chats quand je suis seule chez moi (oui).

On remplit. On signe. Je scanne. Je me reconnecte pour poster.

Vous me croyez si je vous dis qu’ils ont également retiré cette demande là pour ne plus me réclamer qu’un questionnaire de santé simplifié?

La bonne nouvelle de toute cette histoire, c’est que je ne sais pas si je serai propriétaire un jour, mais clairement: j’ai les conditions mentales et physiques pour partir en expédition sur la lune. C’est quand même con que j’ai le vertige.

 

 

 

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4 Comments

  • Reply Virg 4 août 2020 at 18 h 10 min

    LOL et merci 🙂
    Je connais bien les « ennuis » administratifs, j’ai chaque fois l’impression de me retrouver dans un des albums d’Astérix dont j’ai oublié le nom mais pas les idées
    J’avoue que, sur ce coup, tu as eu la palme de l’efficacité chez ton assureur, because télétravail et covid sans aucun doute 😉

  • Reply CéciliAcidulée 4 août 2020 at 23 h 10 min

    LOL Pardon mais tu m’as fait rire avec tes questionnaires de santé et ton sens du timing ! J’espère que tout va bien se finir et que vous serez dans vos nouvelles pénates prochainement 🙂

  • Reply Capela16 5 août 2020 at 18 h 26 min

    Ahhh ça me rappelle des souvenirs… porteuse d’une maladie génétique inconnue et honnête (bah oui y’a des gens qui mentent dans ces questionnaires) j’ai eu droit à pleiiiin de questions. Et jamais les mêmes selon les assureurs (oui on en a testé plusieurs). Les questions n’étant pas toutes formulées pareil, les réponses varient.. et les conséquences aussi.
    Les joies de la paperasse !!

  • Reply Madame Colombe 18 août 2020 at 6 h 19 min

    Je me retrouve complètement dans cet article. J’ai des antécédents cardiaques et suis totalement honnête.
    A quelques jours de la signature de la vente, aucune nouvelle de l’assurance emprunteur. J’imaginais déjà devoir décaler la signature comme le suggérait la conseillère bancaire.
    Notre salut est venu de notre courtier qui avait travaillé dans les assurances avant et qui a accéléré les choses.

    J’ai eu une exclusion en raison de mes antécédents et un tarif d’assurance aux petits oignons. Mais rien qu’à l’idée de changer, de l’urticaire apparaît !!

    Vous avez bien fait d’être honnête. Je vous souhaite une bonne continuation.

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