1 an…

1 an… il y’a tout juste un an, j’achetais le nom de domaine de ce blog, je créais tant bien que mal (surtout mal) le design, et je me lançais… techniquement, le premier article de ce blog a été publié le 8 juillet. En réalité, il est né un 14 juin (il m’a simplement fallu quelques semaines pour me dépatouiller dans les histoires de template, de code, de bannière et de design).

 

C’est un anniversaire à la fois heureux (des années que je rêvais d’ouvrir un blog à moi!), mais surtout terriblement malheureux, parce que j’ai ouvert ce blog dans des circonstances particulièrement dramatiques. Alors voilà, je me suis souvent demandé si j’arriverais à survivre à cette première année, et il semblerait que la réponse soit oui. Les premiers mois ont, sans grande surprise, été les plus terribles, je m’interdisais d’ailleurs de parler de ce qui nous était arrivé ici. Je crois que j’avais peur de m’enfoncer, peur de libérer une parole encore trop douloureuse: il a fallu que je commence à me remettre un peu sur pieds pour pouvoir enfin aborder le sujet.

 

Je me souviens m’être dit à l’époque que désormais, ce serait un jour après l’autre, au moins pour cette première année. 1 an, c’était l’objectif que je m’étais fixée: si j’arrivais à survivre à cette première année, alors tout irait mieux. C’était bien sur un voeux pieux, une pure superstition, parce que rien ne nous garantissait que la date anniversaire des 1 ans nous préserverait de quoi que ce soit.  C’est un peu comme refuser de marcher sous une échelle, ou éviter les rainures des trottoirs: la seule chose réellement efficace dans ces petites croyances populaires, c’est leur capacité à nous rassurer sur notre avenir immédiat. Je ne suis pas allée sous l’échelle, donc ma journée sera bonne. Lorsque le premier anniversaire sera passé, alors tout ira mieux. Je crois que j’avais besoin avant tout de me rassurer sur les mois qui allaient suivre.

 

La première année touche à sa fin, et je suis la première étonnée d’en avoir vu le bout. Il y’a encore un an, le temps me paraissait une donnée abstraite et insurmontable. Je me rappelle avoir passé les premières semaines un peu hébétée, un peu surprise aussi lorsque je me rendais compte que nous passions un « cap »: la première semaine, le premier mois… Déjà? C’est ce qui frappe le plus, quand un drame survient: cette impression que le temps se fige, du moins juste pour nous.

C’est aussi ce qui semble si cruel: quand on réalise que la terre continue bel et bien de tourner, que les gens continuent de vivre leur vie comme si de rien n’était, que les seules personnes à rester statiques dans cette histoire, à vouloir que le temps s’arrête: c’est nous.

 

Je crois que c’est parce que je n’arrivais plus à me projeter dans quoi que ce soit, encore moins dans un espace temporel. Une amie m’a dit, au sujet de cette nouvelle grossesse, qu’il faudrait faire un pas après l’autre, que chaque jour passé serait une victoire, mais j’ai le sentiment que cela s’applique plus globalement au lent travail de deuil effectué ces derniers mois. Il y’a bien des fois où j’ai eu l’impression d’aller à reculons, des fois où j’ai eu le sentiment de trébucher, mais  je trouve m’en être plutôt bien sortie compte tenu de ce qui nous est arrivé. Je ne dis pas que tout est parfait, je ne dis pas que tout est toujours rose, mais la vie a, pour le moment du moins, su être la plus forte.

Bien sur, quand je sens Princesse Kate bouger, je ne peux pas m’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Je ne peux pas non plus m’empêcher de paniquer, de me dire qu’un nouveau drame va forcément survenir. J’ai beau être résiliente, je reste traumatisée.

 

Bref, cela fait un an… reste à voir ce que la prochaine année nous réserve.

 

Ps: je brave toutes les règles de la blogosphère intergalactique, mais il n’y aura pas de photo avec cet article parce qu’il est 3 heures du mat et que j’ai la méga flemme d’en trouver une. Ouais, je me rebelle. 😉

2 Comments
  • Natou
    juin 14, 2015

    Bonsoir. En quelques mots, c’est un très joli post sans photo peut-être, mais il se suffit à lui-même ce texte. La mise en perspective dans ces lignes de la naissance de ton blog et la naissance de ton premier enfant il y a un an est très touchant. La vie est là et c’est tout ce que je lis dans tes mots. Moi aussi, la date anniversaire de mon fils, mort à presque 5 mois de grossesse, arrive à grands pas le 16 août prochain. J’ai peur et en même temps je me dis qu’il y a eu quand même « un après » ce drame. Jamais je ne l’aurai cru il y a 1 an et pourtant. Bravo pour le courage que tu as eu depuis et qu’on retrouve à travers ton blog. Finalement peut-être que cette épreuve nous fait encore plus croire en la vie et bon anniversaire la Marmotteuse.

  • SwissGirl
    juin 16, 2015

    Hello la belle !
    Merci pour cet article-bilan et pour tout le calme qui s’en dégage. Tu es incroyablement forte et tes mots sont toujours très justes. Pour tout ça, bravo, et surtout merci.
    Et, tu sais, comme je ne viens pas sur ce blog pour les photos (même si j’ai adoré celle de ton bidon la semaine dernière !!), ça ne m’a pas manqué.
    Alors je te souhaite un Joyeux Anniversaire #1, le premier d’une longue série, j’espère.

    Au fait, est-ce qu’il y a moyen de recevoir une notification par mail quand tu publies un nouveau post ? On peut s’abonner quelque part ? Je te suis sur FB mais les news se noient dans mon fil d’actualité…

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